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Maisons endommagées par les inondations à Sanaa Maisons endommagées par les inondations à Sanaa 

Yémen : les inondations détruisent des siècles d’Histoire à Sanaa

Les inondations qui touchent le pays depuis mi-juillet font s’écrouler les maisons en brique de boue séchée si caractéristiques de la capitale. Au désastre humanitaire provoqué par la guerre et la famine, s’ajoute donc un drame culturel.

Vatican News (avec Osservatore Romano)

Le sort semble s’acharner sur le Yémen où sévit la pire crise humanitaire au monde. La guerre qui fait rage depuis 2014 a laminé le pays, détruit ses infrastructures et mis sa population à genoux. Outre la famine et les épidémies chroniques -corollaires d’un état de guerre permanent-, le pays fait face depuis mi-juillet à des pluies saisonnières d’une rare intensité qui ont fait plus de 170 morts.

Dans la vieille ville de Sanaa, capitale ravagée par les bombardements et les combats, les magnifiques maisons en briques de boue séchée s’écroulent sous la pression des eaux. Selon un bilan établi par l’UNESCO, quelque 107 toits se sont effondrés et l’eau s’est infiltrée dans un peu plus de 5 000 bâtiments, contraignant leurs habitants à fuir.

Cet ensemble de constructions particulières, dont beaucoup remontent au XIe siècle, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'organisation onusienne depuis 1986. Ce chef-d’œuvre d’habitat humain traditionnel comprend 103 mosquées, 14 hammams et plus de 6 000 maisons.

Depuis 2015, l'UNESCO a placé Sanaa, ville habitée depuis plus de 2 500 ans, parmi les «sites menacés» en raison de la situation sécuritaire. Malgré les frappes aériennes destructrices, les habitants ont fait preuve d’une surprenante résilience, reconstruisant fidèlement les édifices endommagés, selon un savoir-faire ancestral transmis fidèlement de génération en génération.

Le désastre reste quoi qu’il en soit énorme au regard de la situation catastrophique du pays. D’autres précipitations sont attendues cette semaine dans plusieurs régions. Ces pluies de mousson risquent par ailleurs de favoriser la propagation du coronavirus ; sa circulation est certaine sur le territoire, mais aucune donnée ne permet de mesurer l’ampleur de sa diffusion et de sa gravité.

12 août 2020, 15:40