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Une marche pour la paix s'est déroulée en mai 2018 dans l'État Kachin, à l'est du pays. Une marche pour la paix s'est déroulée en mai 2018 dans l'État Kachin, à l'est du pays. 

Les discussions de paix se poursuivront en Birmanie

À l’approche des pourparlers, l’Église lançait un appel au dialogue et à l’unité dans le pays, où l’on compte encore une cinquantaine de groupes armés. Le 4ème cycle de la conférence de Panglong pour le XXIème siècle s’est achevé sur des avancées, selon un média catholique

Marie Duhamel - Cité du Vatican

Des responsables du gouvernement civil, des militaires et des représentants des partis politiques birmans ont discuté pendant trois jours avec les délégués de dix groupes armés de différentes ethnies, du 19 au 21 août dernier à Naypyidaw, la capitale.

Ensemble, ils ont établi un «nouveau plan pour la construction d’une union fédérale démocratique», résumait Aung San Suu Kyi, conseillère spéciale de l’État et porte-parole de la présidence de la République de l’Union de Birmanie.

Entente sur une réforme consitutionnelle

Si les groupes armés déposent les armes, les militaires assurent qu’ils accepteront l’idée d’une révision constitutionnelle - bien que l’actuelle loi fondamentale leur garantit 25% des sièges du parlement et la gestion de ministères clé. Cette révision constitutionnelle est indispensable à l’instauration d’un état fédéral. A Naypyidaw, les parties ont signé un elenco de principes sur lesquels s’appuierait cette nouvelle union. Elle serait à construire sur «la base d’un dialogue politique» et respecterait «une égalité des droits sans discrimination basées sur la race, la religion, la culture ou le genre».

Des éclaircissements ont également été apportés et des principes établis sur les accords de cessez-le-feu signés en 2015. Ils étaient nécessaires après des affrontements le mois dernier dans l’Etat Shan entre l’armée et un groupe armé signataire du texte. Le dialogue se poursuit, ce qui représente un garant de paix, même si huit groupes refusent encore le dialogue et n’étaient ainsi pas présents à la conférence. L’un d’eux, l’Arakan Army n’a pas été invité. Encore actif, il a été considéré comme «terroriste» en mars dernier.

Les parties se sont enfin engagées à poursuivre leurs discussions après les élections cruciales de novembre. Elles détermineront les nouveaux équilibres entre les partis politiques et les militaires dans la définition des priorités.

«Un tournant pour le pays»

La Conférence de paix de Panglong a abouti à «un résultat historique pour le pays», s’est réjoui Joseph Kung Za Hmung, le fondateur et directeur du média catholique Gloria TV Channel. Dans un entretien accordé à l’agence Fides, il se félicite qu’un accord a été trouvé sur la révision de la Constitution de 2018 et l’idée de constituer un État fédéral, pour permettre la création d’une nation unie mais respectueuse des différentes identités. «Désormais le processus de paix se trouve à un tournant important et à un stade crucial pour l'avenir du pays. L'un des aspects les plus importants est la confiance qui s'est établie entre les parties et qui a porté ses fruits» s’est-il exclamé.

 

À l’approche de ces pourparlers, l’archevêque de Rangoon appelait toute la nation birmane à l’unité. «Nous n’avons d’autre chemin que le dialogue, qui naît de l’ouverture des cœurs et des esprits» affirmait le cardinal Charles Maung Bo.

La question de la paix est d’autant plus pressante que près de 400 000 Birmans vivent actuellement dans des camps de déplacés dans le nord et à l’est du pays, notamment dans l’Etat Kachin majoritairement chrétiens (dont 116 000 catholiques).

Début août, rapporte Ucanews, les cinq évêques de cet État ont appelé la communauté internationale à soutenir les efforts de l’Église en vue de réinstaller les déplacés dans leurs villages d’origine si, bien sûr, les conditions le permettent. Avec l’aide de la Kachin Baptist convention, la Caritas aurait déjà aidé 6000 personnes à rentrer chez elles.

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27 août 2020, 14:32