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Cérémonie marquant le 75e anniversaire de la proclamation de l'indépendance indonésienne. Cérémonie marquant le 75e anniversaire de la proclamation de l'indépendance indonésienne. 

Fête de l'Indépendance: l'Indonésie face au défi de l'unité

Le cardinal Suharyo a diffusé un message à l’occasion de la fête de l’Indépendance de cet immense archipel. Cette année marque le 75e anniversaire de la proclamation de l'indépendance, le 17 août 1945, qui ne fut reconnue par les Pays-Bas qu'en décembre 1949.

Corruption, violence et changement climatique : ce sont les trois principaux problèmes de l'Indonésie aujourd'hui et tous les Indonésiens devraient s'engager à les combattre ensemble. C'est ce qu'écrit le cardinal Ignatius Suharyo Hardjoatmodjo, archevêque de Jakarta, dans son message pour la fête de l'Indépendance célébrée ce 17 août avec sobriété, sans rassemblement en raison de la pandémie de coronavirus.

«Les idéaux de notre nation - la souveraineté, la justice et la prospérité - n'ont pas encore été compromis», écrit le cardinal indonésien, mais il remarque qu’ils sont de plus en plus minés par trois menaces: les graves cas de corruption au sommet de l'État, l'instabilité politique dans la province de Papouasie (l'ancienne province d'Irian Jaya, limitrophe de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, annexée à l'Indonésie en 1963, où un mouvement d'indépendance est actif depuis 1969 et où les tensions avec les autorités de Jakarta restent élevées, ndlr), et l'intolérance et le terrorisme des groupes islamistes.

Une responsabilité d’unité qui doit impliquer tous les catholiques

«Ces menaces augmentent d'année en année», souligne l'archevêque de Jakarta, en insistant sur le fait que l'anniversaire de l'indépendance ne doit pas seulement être célébré, mais doit être un rappel de la «responsabilité de tous pour construire le bien commun de la nation». Cette responsabilité concerne également les catholiques, appelés à œuvrer pour la justice sociale et à promouvoir les idéaux de la Nation dans leurs familles, leurs communautés, leurs paroisses et les communautés chrétiennes de base.

Cet appel est partagé par Vincentius Hargo Mandirahardjo, président de l'Association des intellectuels catholiques indonésiens (Iska) : «Il est de notre responsabilité en tant que citoyens de surmonter ces défis pour le progrès du pays», a-t-il déclaré à l'agence Ucanews. Pour le père Francis Xavier Mudji Sutrisno SJ, professeur à l'école de philosophie de Driyarkara à Jakarta, les trois problèmes sociaux indiqués par le cardinal Suharyo doivent également être une priorité pour le gouvernement: «La loi doit être appliquée de la bonne manière pour surmonter la corruption, la violence et les dommages causés à l'environnement. Si la loi est contournée, ces problèmes ne seront jamais résolus», a déclaré le prêtre jésuite à Ucanews. 

Un pays déstabilisé par les séparatismes et la dégradation des forêts

Ancienne colonie néerlandaise, l'Indonésie a obtenu son indépendance effective en 1949. Divers mouvements d'indépendance sont toujours actifs dans cet immense archipel, qui a dû renoncer en 2002 à l’occupation du Timor oriental, et plusieurs foyers de tension persistent, notamment dans la province de Papouasie, où la population locale se sent discriminée par Jakarta.

Ces tensions ont fourni un terrain fertile à l'émergence de groupes islamistes et à l'apparition de réseaux terroristes locaux liés à Al-Qaïda et, dernièrement, à Daech, responsables de nombreux attentats qui ont ensanglanté le pays ces dernières années. À ces problèmes s'ajoutent désormais des problèmes environnementaux, liés notamment à la déforestation massive de l'archipel (qui abrite la troisième plus grande forêt tropicale du monde) pour faire place à la production toujours croissante de matières premières telles que l'huile de palme.

Vatican News Service - LZ

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17 août 2020, 19:02