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Le Congrès péruvien Le Congrès péruvien 

Dans un pays en crise, les évêques péruviens promeuvent l’unité nationale

En pleine pandémie, le Pérou renoue avec la crise politique. Hier, le Congrès a refusé de voter la confiance au gouvernement de Pedro Cateriano, qui se voit contraint de démissionner. Pour les évêques du pays, le moment ne peut être plus mal choisi.

La conférence épiscopale ne cache pas son inquiétude. Face à la pandémie de Covid-19 qui frappe de plein fouet le pays andin, les évêques estiment qu’il est plus que jamais nécessaire de promouvoir l’unité nationale, se disant «convaincus que la crise sanitaire, économique et sociale ne sera surmontée que par une union solidaire». «C’est donc le pire moment pour provoquer une nouvelle crise», avertissent-ils.

Lundi, le Premier ministre s’est présenté devant un Parlement extrêmement divisé, afin de présenter les grandes lignes de sa politique ; mais le vote de défiance intervenu mardi a fait entrer le pays dans une nouvelle crise politique et oblige désormais le président Martin Vizcarra à mettre sur pied un nouvel exécutif.

L’épiscopat s’adresse donc à la classe politique, afin qu’elle se montre à la hauteur des événements. Comment ? En faisant de la vie des Péruviens sa priorité, en recherchant le bien commun, et en tenant compte des besoins de la population, surtout des plus vulnérables.

«Comme pasteurs, écrivent les évêques, nous demandons à toutes les forces politiques de parvenir à un accord, car la priorité doit toujours être le bien-être des citoyens et de la nation ». Le «dialogue» et la «bonne foi» sont les fondements sur lesquels il faut construire les programmes politiques, «en faisant toujours passer le bien commun avant tout intérêt partisan». Et les évêques de conclure, en invoquant l’intercession de la Vierge Marie : «accompagnons le peuple péruvien par la prière et le service dans la charité et la solidarité»,

Cette crise politique vient donc se superposer à une situation sanitaire préoccupante. Avec le cap des 20 000 morts franchi mardi et plus de 500 000 cas recensés, le Pérou est passé dans la liste des 10 pays les plus touchés par la pandémie de Covid-19 ; il enregistre en outre l’un des plus forts taux de mortalité liés au virus. Plusieurs raisons peuvent expliquer un tel état de fait : les déficiences du système de santé péruvien ainsi que d’importantes causes de comorbidité. En effet, selon le ministère de la santé, 85% des personnes décédées souffraient d’obésité, 43% étaient diabétiques et 27% étaient malades d’hypertension.

06 août 2020, 15:14