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Vue aérienne du port de Beyrouth, complètement dévasté par la double explosion Vue aérienne du port de Beyrouth, complètement dévasté par la double explosion  (AFP or licensors)

Beyrouth : après la stupeur, Caritas Liban mobilisée pour aider les victimes

La capitale libanaise est aujourd’hui une ville dévastée, soufflée pour moitié par une double déflagration mardi soir. Le président de Caritas Liban, le père Michel Abboud nous décrit l’état de choc dans lequel se trouvent les Beyrouthins après l’explosion de 2 750 tonnes de nitrates d’ammonium dans le quartier du port. Les morts se comptent par dizaines, les blessés par milliers, les sinistrés par centaines de milliers. Caritas Liban tente de leur venir en aide.

Entretien réalisé par Marie Duhamel- Cité du Vatican

Dans la capitale libanaise dévastée, à Beyrouth, les recherches se poursuivent ce mercredi dans les quartiers autour du port, dans les rues jonchées de débris de bâtiments effondrés. De nombreuses personnes manquent encore à l’appel après les deux explosions d'hier. Le souffle de la seconde déflagration a brisé des vitres sur des kilomètres, il a été ressenti jusqu’à Chypre, à 200km de Beyrouth.

Plus de 100 personnes ont perdu la vie. Il y a au moins 4 000 blessés partout dans la ville. Les dégâts matériels sont immenses. Selon le gouverneur de la ville, la moitié de Beyrouth serait endommagée, des pertes évaluées à plus de trois milliards de dollars. Le père Michel Abboud, président de Caritas Liban, décrit l’état de choc subi par la population de la capitale lors des explosions.

Entretien avec le père Abboud, directeur de Caritas Liban

 

«C’est une situation tellement critique. Durant toutes les guerres libanaises, on n’avait pas vu ces choses-là». «Il y a beaucoup de gens qui ont dû laisser leur maison, car les maisons sont tellement détruites (…)»., confesse-t-il. Au moment des explosions, «nous avons cru que c’était le commencement d’une guerre», ou bien «un attentat contre un politique», ou encore «qu’Israël avait bombardé», témoigne le prêtre.

Au sein de la Caritas, environ 120 jeunes bénévoles sont prêts à aider, en distribuant des denrées alimentaires et des médicaments notamment. Il y a aussi un «groupe de psychologues» dont la mission est d’écouter les personnes traumatisées par la mort ou la disparition de proches, la perte d’une maison, ou tout autre motif de choc.

La Caritas ne participe pas à la recherche des personnes des disparus, mais se tient auprès de ceux qui ont perdu leur maison pour «leur assurer de quoi manger».

Les hôpitaux détruits lors des explosions «ont été obligés de transférer les malades dans d’autres hôpitaux». Le père Abboud s’est rendu dans l’un d’entre avec de jeunes bénévoles, où la détresse était si grande qu’une religieuse leur a dit: «Faites ce que vous voulez, ce que vous pouvez, nous avons besoin de tout».

Les besoins sont immenses au sein de la Caritas : alimentation, lait pour les enfants, médicaments, vêtements. Le défi du logement est également de taille, avec 300 000 personnes ayant perdu leur domiciles lors des explosions. «Les ordres religieux ont ouvert leurs couvents et leurs écoles pour accueillir tous les gens».

Le prêtre souligne l’importance de «la visite sur le terrain», pour apporter du réconfort aux familles et leur assurer qu’elles ne sont pas seules dans cette épreuve. «Il y a beaucoup de gens qui sont en train de travailler sur le terrain»«C’est la foi qui peut nous aider à supporter. (...) Rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ», assure-t-il en écho à saint Paul.

Et de conclure :«Nous avons besoin de votre aide», «avec de petites choses on peut faire de grandes choses»

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05 août 2020, 16:21