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Manifestation à Alger (17 mai 2019) Manifestation à Alger (17 mai 2019)  (AFP or licensors)

Algérie: une grâce présidentielle au profit de plusieurs détenus du Hirak

Karim Tabbou, figure emblématique du Hirak retrouve la liberté. La Cour d'appel d'Alger s’est prononcé ce jeudi 2 juillet 2020 sur une demande de suspension de sa peine. Six détenus, dont certains liés au mouvement populaire anti régime, ont par ailleurs bénéficié d’une grâce présidentielle. L’analyse de Kader Abderrahim, directeur de recherches à IPSE.

Entretien réalisé par Hélène Destombes- Cité du Vatican

Karim Tabbou, emprisonné depuis le 26 septembre 2019, avait été condamné en appel le 24 mars dernier à un an de prison ferme pour «atteinte à l'intégrité du territoire national». La justice algérienne a décidé de relâcher cette figure centrale du mouvement populaire anti régime, qui a éclaté le 22 février 2019, alors que ce dimanche, le pays célèbrera le 58e anniversaire de l'indépendance et de la jeunesse.

70 membres du mouvement de protestation anti-régime sont actuellement incarcérés. Plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme se sont félicitées de cette décision de justice. Elle intervient au lendemain d’une annonce importante du président algérien. Abdelmadjid Tebboune a gracié ce mercredi six détenus, dont certains liés au mouvement de protestation du "Hirak".

Depuis son élection le 12 décembre 2019, le chef d’Etat algérien a décrété plusieurs grâces présidentielles au profit de milliers de prisonniers mais jusqu'à présent les détenus du mouvement de protestation en avaient été exclus. Comment interpréter ce geste ? L’analyse de Kader Abderrahim, directeur de recherches à l'Institut de prospective et de sécurité en Europe (IPSE) et auteur de « La géopolitique de Algérie » aux éditions Bibliomonde, interrogé juste avant l’annonce de la libération de Karim Tabbou.

Entretien avec Kader Abderrahim

 Ce mercredi, plusieurs anciens ministres et proches du président déchu Abdelaziz Bouteflika ont été condamnés à de lourdes peines de prison, allant de deux à 20 ans de prison. Ali Haddad, ex-dirigeant de la principale organisation patronale algérienne, le Forum des chefs d'entreprises (FCE), a été condamné à 18 ans ferme. Incarcéré depuis mars 2019, il était poursuivi pour "obtention de privilèges, d'avantages et de marchés publics en violation de la législation, dilapidation de deniers publics, abus de fonction, conflit d'intérêts et corruption dans la conclusion de marchés publics".

02 juillet 2020, 15:15