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Des sud-soudanais attendant une aide du PAM, le programme alimentaire mondial, le 4 février 2020. Des Sud-Soudanais attendant une aide du PAM, le Programme alimentaire mondial, le 4 février 2020.  (WFP/Gabriela Vivacqua)

9 ans après son indépendance, le Soudan du Sud est épuisé et affamé

Dans un rapport publié à la veille du neuvième anniversaire de l’indépendance sud-soudanaise, Caritas Italie dresse un triste état des lieux du plus jeune État du monde.

Une population épuisée par la guerre et affamée par la pandémie : c'est la photographie dramatique prise par Caritas Italiana au Soudan du Sud, à l'occasion du neuvième anniversaire de l'indépendance du pays, obtenue le 9 juillet 2011. Le constat de l'organisation est sans appel : «Une guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts ; une population épuisée et en fuite avec des millions de personnes déplacées et de réfugiés qui pèsent sur des pays voisins tout aussi fragiles ; un territoire dépourvu d'infrastructures importantes et de ressources naturelles riches qui ne parviennent pas à garantir la sécurité et la stabilité ; un processus de paix lent, entre la signature d'accords et de cessez-le-feu jamais respectés, sans cesse repoussés et conduisant toujours à de nouveaux affrontements dont les conséquences sont payées par tant de pauvres ; une crise parmi les plus oubliées».

Caritas rappelle par ailleurs les nombreux appels lancés par le Pape François et l'Église locale qui «ont élevé la voix, appelant au pardon et au dialogue pour surmonter les divisions ethniques et les intérêts de quelques-uns et pour revenir à l'unité nationale». Tout cela alors que «la pandémie de Covid-19 augmente la faim, plus qu'elle n'affecte les quelques hôpitaux».

Pour un avenir moins obscur, Caritas propose une réconciliation au niveau politique, militaire et communautaire, la transparence dans la gestion des ressources naturelles, la lutte contre la corruption et un plus grand investissement dans les infrastructures et les services primaires, en donnant la «priorité aux jeunes et aux femmes en tant qu’acteurs du changement». 

Les violences malgré un accord de paix 

Au Soudan du Sud, malgré les progrès vers l'application de l'accord de paix, les violences intercommunautaires se poursuivent dans ce pays regorgeant d'armes, où elles ont fait 658 morts et 452 blessés au premier trimestre 2020, selon les Nations unies.

Après des mois de négociations, les deux rivaux, Salva Kiir et Riek Machar, ont accepté en février dernier de former un gouvernement d'union nationale, afin d'en finir avec une guerre civile qui a fait en six ans plus de 380 000 morts et provoqué une crise humanitaire catastrophique. La formation d'un gouvernement d'union nationale était le point clé de l'accord de paix conclu en septembre 2018 à Addis Abeba. Depuis, la principale pomme de discorde était le contrôle des 10 États que compte le pays, en particulier ceux produisant du pétrole, principale source de richesse du pays. Mercredi 17 juin, le président et le vice-président ont conclu un accord pour le partage de ces zones. Ceux qui ont commis des violences devront rendre compte à Dieu, avertissait en juin dernier le Conseil des Églises du Soudan du Sud (Sscc). 

08 juillet 2020, 15:58