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En août 2019, des personnes secourues à bord du navire humanitaire Ocean Viking. En août 2019, des personnes secourues à bord du navire humanitaire Ocean Viking.   (AFP or licensors)

«Le coronavirus confirme la contribution des travailleurs immigrés»

Tandis que l’Union européenne était frappée par la pandémie de coronavirus, de nombreux pays ont fermé leurs frontières, de leurs côtés, Malte et l’Italie ont annoncé fermer leurs ports aux bateaux humanitaires sauvant des réfugiés en mer Méditerranée. Quelles sont les conséquences de cette crise sanitaire sur les réfugiés qui prennent la mer dans l’espoir d’une vie nouvelle en Europe? Analyse avec le chercheur François Gemenne.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican 

En mars, l’Union européenne et d’abord la péninsule italienne ont été frappées par la pandémie de coronavirus. Pour lutter contre un mal invisible, les frontières se sont fermées, la population s’est confinée. Le 8 avril, l’Italie annonçait fermer ses ports aux personnes réfugiées, en raison de la maladie Covid-19 qui ne permettait plus, selon le ministère des Transports italien, de garantir la sécurité aux arrivants. Une décision lourde de conséquences pour de nombreuses ONG chargées de sauver des vies en mer Méditerranée. Le navire humanitaire «Alan Kurdi» s’est ainsi retrouvé à errer plusieurs longs jours en mer, privé de port où débarquer, condamnant ses passagers à des conditions sanitaires déplorables.

Dans le même temps, en Italie, en France ou ailleurs, les sociétés confinées ont tenu debout notamment grâce aux caissiers, aux livreurs, aux chauffeurs, aux agents de sécurité. Des emplois jusqu’ici sous-considérés, occupés par un main d’œuvre souvent immigrée.

«Nous avons pris conscience que le travailleur immigré était essentiel», résume François Gemenne, chercheur et enseignant en sciences politiques à l’Université de Versailles et à l’Université de Liège. Quelles sont les conséquences de cette crise sanitaire sur l’image que nous avons des personnes réfugiées? L’analyse du chercheur, François Gemenne. 

Entretien avec François Gemenne
02 juin 2020, 12:42