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Manifestation contre les violences faites aux femmes, en septembre 2019 à Pretoria, en Afrique du Sud. Manifestation contre les violences faites aux femmes, en septembre 2019 à Pretoria, en Afrique du Sud.  (AFP or licensors)

Afrique du Sud : l’Église s’engage contre les violences faites aux femmes

Le président de la Commission Justice et Paix de l’épiscopat sud-africain reconnaît que les religieux catholiques d’Afrique du Sud doivent s’engager plus fermement contre ce phénomène dont ils n’ont pas toujours pris la pleine mesure.

«Nous, en tant qu'Église, avons contribué au fléau de la violence sexiste par le déni, le silence, la résistance et notre impréparation. Quand cela arrive, nous ne sommes pas prêts. Quand cela arrive, nous sommes mal préparés pour intervenir et pour aider.»

Le mea culpa de Mgr Victor Phalana, président de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale sud-africaine (SACBC), dénote d’un changement de ton face à ce phénomène massif dans la société sud-africaine, mais rarement abordé dans les discours ecclésiastiques. Sa déclaration a été publiée le 17 juin dernier sur le site de la conférence épiscopale en raison de l'augmentation, des violences de genre et des féminicides enregistrée dans le cadre du confinement mis en place, en Afrique du Sud comme dans le reste du monde, pour endiguer la propagation de la pandémie Covid-19,

L’évêque, notant que la plupart des religieux ne s'intéressent qu'aux questions spirituelles, les a exhortés à «demander pardon aux femmes et aux enfants» pour leur manque de sensibilité face à ces phénomènes dramatiques. Puis, il a appelé les coupables à accepter leur responsabilité et à reconnaître que les abus et la violence sont un choix qui peut être évité en faisant un effort sur soi-même.

Apprendre à ne pas réagir à un désaccord par la violence

«Changez la façon dont vous répondez à la colère et aux griefs de votre partenaire», leur demande-t-il, «afin qu'elle puisse se sentir libre d'exprimer ses griefs sans se sentir menacée et intimidée. Ce n'est qu'en contrôlant votre réaction au cours d'une confrontation animée, et en sachant que la violence n'est pas la solution, que vous saurez que vous avez changé», a-t-il expliqué.

«Nous devons repenser notre approche de ce fléau», a ajouté Mgr Phalana, suggérant une collaboration avec les ministères, les entreprises, la société civile et les citoyens ordinaires.

En outre, soulignant que la violence sexiste est un problème de santé publique pour le gouvernement, il salué les efforts du système judiciaire qui a imposé de lourdes peines aux auteurs et la police pour avoir répondu aux appels. Il remercie enfin «tous les militants et toutes les personnes de bonne volonté dans le pays qui continuent à lutter contre ce fléau et à aider ceux qui ont survécu à demander justice».

 

22 juin 2020, 18:47