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Manifestation de familles de détenus devant la prison de La Picota à Bogota Manifestation de familles de détenus devant la prison de La Picota à Bogota 

En Colombie, la propagation inquiétante du coronavirus dans les prisons

La ville de Villavicencio, située à une soixantaine de kilomètres de Bogota, est le principal foyer de la maladie en milieu carcéral.

Davide Dionisi- Cité du Vatican

L’alerte à la Covid-19 est lancée dans les prisons colombiennes. Selon les derniers chiffres rendus publics, on y recense 1 065 cas positifs et 14 décès ; un certain nombre d’entre eux ont été diagnostiqués à Villavicencio, ce qui en fait le foyer principal de l’épidémie en milieu carcéral.

Surpopulation de plus de 51%

La rapidité de la propagation du coronavirus dans ces prisons s’explique en grande partie par une surpopulation carcérale estimée à 51% dans le pays. Le secrétaire national pour la pastorale sociale- Caritas Colombie pointe une situation très préoccupante car, selon lui, une augmentation des cas pourrait avoir des répercussions désastreuses pour tout le système de santé interne.

Humaniser les instituts

Réitérant sa solidarité avec toutes les personnes privées de liberté, leurs familles, ainsi qu’avec tout le personnel pénitentiaire, cet organisme lié à la conférence épiscopale souligne également dans un communiqué «l’urgente nécessité de faire face à la crise humanitaire en cours dans les prisons en recourant à des mesures qui respectent la dignité humaine et protègent la santé des détenus». Il appelle en outre à une action immédiate d’humanisation des institutions. Comment ? En créant des conditions de permanence optimales pour les prisonniers mais aussi pour le personnel qui y travaille, en «garantissant avant tout des mesures de sécurité et de prévention». Le secrétariat pour la pastorale sociale demande aussi qu’un programme de redistribution de la population carcérale soit mis sur pied.

La situation des femmes

La protection des femmes détenues s’avère essentielle. «Nous pensons avant tout aux mères d'enfants de moins de trois ans, aux mères malades et aux femmes âgées qui sont encore plus vulnérables en ce moment». Le même communiqué attire également l'attention sur les agents des forces de l'ordre et de la police pénitentiaire qui, dans les institutions les plus difficiles, courent les plus grands risques.

Les affrontements à la suite de la propagation du virus

De fait, ces agents ont été confrontés à de nombreuses protestations de détenus en raison de la propagation du virus ; 13 établissements pénitentiaires en ont été le théâtre. Dans plusieurs prisons de la capitale, les incidents ont dégénéré en émeutes ; l’intervention de la police dans l’une d’elles a causé la mort d’au moins 23 détenus. Suite à ces affrontements, le président Ivan Duqué a signé un décret permettant la libération de quelque 4 000 prisonniers, et cela, pour une durée de 6 mois. 

25 mai 2020, 12:10