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Vatican News
Coronavirus disease (COVID-19) outbreak in Bangkok, Thailand Un musulman en prière dans une mosquée de Bangkok, en Thaïlande, le 24 avril 2020 

Mosquées fermées et prière à la maison pour le début du Ramadan

Ce vendredi soir commence le mois sacré du jeûne pour l'Islam. Pour environ 1,8 milliard de musulmans dans le monde, il sera impossible de prier dans les mosquées. Mais l'acte de culte, explique Abdellah Redouane, secrétaire général du Centre culturel islamique d'Italie, reste le même.

Francesca Sabatinelli - Cité du Vatican

Ce sera sans prière collective au coucher du soleil ni iftar, le dîner qui marque la fin du jeûne, ce sera avec les mosquées fermées, mais ce sera toujours le Ramadan, le mois sacré du jeûne et de la prière chez les musulmans. Pour Abdellah Redouane, secrétaire général du Centre culturel islamique d'Italie - connu sous le nom de Grande Mosquée de Rome -, la pandémie de covid-19 va changer la façon dont se déroule le Ramadan, mais certainement pas l'acte de culte lui-même. «Il y a des alternatives, explique-t-il, la nouveauté est qu'au lieu d'aller à la mosquée, on priera de chez nous. Ces dernières semaines, nous nous sommes déjà habitués à vivre avec ce virus qui a changé la vie de chacun et le quotidien. C'est à nous, fidèles, d'interpréter cet acte de culte de la meilleure façon possible, en suivant les mêmes principes et les mêmes règles que le Ramadan habituel, à l’exception du fait de se rendre à la mosquée».

Les fidèles resteront chez eux

L'Organisation mondiale de la santé, dans ses recommandations spécifiques pour les musulmans pendant le Ramadan, a conseillé aux personnes plus faibles ou touchées par le Covid-19 de consulter des médecins avant de suivre le jeûne. En Italie, les imams des grandes villes ont invité leurs fidèles à respecter les règles de la distanciation sociale, en les avertissant via internet du devoir de rester chez eux. Cependant, il est possible que cela échappe d'une certaine manière au contrôle, car en Italie il existe de nombreuses salles de prière non officielles et non autorisées. «D'après ce que nous savons, souligne toutefois Abdellah Redouane, la grande majorité des fidèles sont très sensibles au danger de ce virus, et ils sont convaincus que rester chez soi est un moyen de contrer sa propagation»

Des mesures drastiques prises pour éviter la contagion

Le Ramadan concerne environ 1,8 milliard de fidèles dans le monde. De nombreux gouvernements craignent que ce mois ne déclenche une escalade dramatique de la pandémie, en raison de la volonté de beaucoup de gens de se rendre dans les mosquées en bravant le danger de la contagion. De l'Irak à la Jordanie, de l'Égypte à l'Arabie Saoudite, les autorités ont donc pris diverses mesure, allant du couvre-feu à l'émission de fatwas pour éviter la participation aux prières collectives. Les deux mosquées les plus sacrées pour l'Islam, La Mecque et Médine, ont été fermées. Même chose pour la mosquée d'Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem, le troisième site le plus sacré de l'Islam. Au Pakistan, certains dirigeants islamiques se sont rebellés contre la fermeture des lieux de prière, mais les autorités ont interdit les rassemblements de masse.

«Je veux rester optimiste, continue Abdellah Redouane, et je pense que cette épreuve doit être affrontée ensemble. Chacun doit se sentir responsable de la propagation ou non de ce virus. Accepter ce que l'on appelle des règles restrictives, mais que j'appelle des mesures de protection des fidèles, est un défi qui doit être gagné ensemble». Les imams, bien qu'ils ne soient pas en chaire de la mosquée, communiqueront avec les fidèles par internet et «continueront à jouer ce rôle fondamental de sensibilisation des fidèles, en les invitant d'une part à suivre les règles, d'autre part à respecter les prescriptions religieuses».

Les paroles du Pape, une lumière pour toutes les religions

Dans ce temps "suspendu", il est également nécessaire que les religions deviennent des témoins de la fraternité universelle. Un exemple a été donné en ce sens par la lettre envoyée au Pape François par l'Ayatollah Alireza Arafi, recteur de l'Université internationale de Mustafa de Qom en Iran, qui indiquait la nécessité, à un moment de souffrance pour les pays et les nations, de former une «communauté de religions célestes au service de l'humanité». Les religions, conclut le secrétaire général du Centre culturel islamique d'Italie, «doivent concrétiser la fraternité universelle dans des actes de générosité envers les autres, envers les voisins, et sur ce point je pense que le Pape François joue un rôle très important, il n'y a pas un jour où il ne fait pas une déclaration qui va dans ce sens. Je pense que le pape, en cette période de ténèbres, est une lumière qui éclaire le chemin pour tous les êtres humains, indépendamment de leurs religions, et les religieux doivent faire de même».

24 avril 2020, 12:47