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Selon l'Unicef, 3 milliards de personnes dans le monde n'ont pas d’installation pour se laver les mains à domicile. Selon l'Unicef, 3 milliards de personnes dans le monde n'ont pas d’installation pour se laver les mains à domicile. 

40% de la population mondiale n’a pas d’installation pour se laver les mains

Face à la pandémie, l’organisation mondiale de la santé, les agences onusiennes ou gouvernementales, ne cessent de le répéter: se laver les mains est un geste simple qui sauve. Mais que faire lorsque manquent le savon et surtout l’accès à l’eau à domicile? Entretien avec Kelly Ann Naylor, directrice adjointe du département en charge de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, à l’Unicef.

Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

La contamination au Covid-19 peut advenir par voie respiratoire, en aspirant les gouttelettes de salive d’une personne malade qui tousse ou éternue, mais le virus peut également être contracté de manière indirecte. Si l’on pose sa main sur une zone infectée et que l’on touche par la suite son visage, sa bouche, son nez, ses yeux.

Pour couper cette route de transmission, il suffit de se laver consciencieusement les mains. C’est ce que rappelle, sans cesse, l’Unicef. Les campagnes de prévention de l’agence onusienne dédiée aux enfants insiste également sur la bonne manière de se laver les mains, par étape, des ongles au poignet, entre les doigts, sans oublier les pouces, précise Kelly Ann Naylor, directrice adjointe du département en charge de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène au sein de l’Unicef. 

16% des hôpitaux privés d'eau

Avec les années, l’agence onusienne a cependant constaté que les campagnes d’information ne suffisait pas à un réel passage à l’acte, en raison notamment d’un manque d’accès à l’eau, à domicile mais également dans les écoles ou les centres hospitaliers.

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé et de l’Unicef publié l’an dernier, 40% de la population mondiale, soit 3 milliards de personnes, ne disposent pas d’installation leur permettant de se laver les mains à domicile. Dans les pays les moins développé, cette réalité touche 75% de la population.

Dans le monde, 47% des établissements scolaires sont concernés par cette absence d’installations d’eau ainsi que 16% des établissements de santé, soit près d’une structure sur six. Les populations urbaines et en particulier résidant dans des bidonvilles sont particulièrement touchées.

Un sceau et un bouchon 

Avec la pandémie de nouveau coronavirus, «les carences se transforment en urgences» explique Kelly Ann Naylor. 89 États collaboreraient actuellement avec son agence onusienne pour mettre en place des plans d’action.

La directrice adjointe du département en charge de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène à l’Unicef, souligne qu’on peut réussir à freiner la propagation du virus même lorsque peu d’eau est disponible.

Il n’est pas nécessaire d’avoir un robinet, un sceau avec un bouchon peut convenir, rapporte Kelly Ann Naylor. Ce qui est important, c’est que l’eau coule; de ne pas se laver les mains dans de l’eau qui stagne.

Expérience concluante au Liberia

A chaque lavage, entre 0,5 litres et deux litres d’eau sont nécessaires. Pour faire des économies d’or bleu, l’Unicef recommande de se laver les mains quand cela est nécessaire après s’être rendu dans des places publiques, avoir rencontré des personnes ou être allé aux toilettes. Le lavage des mains est tout autant nécessaire avant de cuisiner, de manger ou d’allaiter son enfant.

Même en rationnalisant l’eau, freiner l’épidémie est possible, assure Kelly Ann Naylor. Elle partage avec nous son expérience au Liberia, alors en proie au virus Ebola. Partout dans les lieux de vie, du bureau de la mairie au petit point de vente en bord de route, partout des bidons étaient installés pour se laver les mains. «Au départ, il y avait des contrôles policiers, mais après les gens ont pris le réflexe», se souvient la responsable onusienne. Elle estime d’ailleurs que le succès vient lorsque le changement de comportement individuel est doublé d’une prise de conscience et d’action au niveau collectif.

Entretien avec Kelly Ann Taylor, directrice adjointe en charge de l’eau à l’Unicef
01 avril 2020, 07:06