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Migrants rassemblés dans un parc à Calais, novembre 2017 Migrants rassemblés dans un parc à Calais, novembre 2017 

Covid-19: le Secours Catholique auprès des plus vulnérables à Calais

Le Secours Catholique alerte sur des situations de grande précarité à Calais et dans la région, dans le contexte de pandémie de coronavirus. L’association vient en aide à des étudiants, des intérimaires et des migrants. Témoignage de Juliette Delaplace en mission sur le littoral du nord de la France.

Entretien réalisé par Hélène Destombes - Cité du Vatican

92 associations et collectifs viennent de saisir 7 rapporteurs spéciaux de l’ONU afin de les sensibiliser aux conditions de vie dramatiques de personnes à la rue ou réfugiés dans des squats et bidonvilles, en période de covid-19. Le Secours Catholique, mobilisé notamment à Calais où la situation est critique, s’est associé à cette action qui dénonce l'insuffisance de l'accès aux services de base et interpelle les autorités. Le confinement isole encore d’avantage les personnes en situation de grande précarité, relève Juliette Delaplace, chargée de mission pour le Secours Catholique à Calais.

Leur accès à l’eau, à la nourriture, à l’hébergement est encore plus complexe en raison de la pandémie et impacte potentiellement leur santé. «À Calais, plus de 1 000 personnes survivent dans la rue et à Grande-Synthe, quelque 700 personnes ne sont pas hébergées». Elles sont originaires du Soudan, d’Erythrée ou encore de Syrie et «ont fui des pays en guerre ou des situations où leurs droits n’étaient pas respectés». De nombreuses personnes ne bénéficient pas pleinement des mesures de prévention sanitaire, observe Juliette Delaplace.

 

Mise en place d’un dispositif exceptionnel

Les équipes du Secours Catholique, malgré les conditions difficiles, continuent à être présentes aux côtés des plus démunis. L’accueil de jour a dû être fermé et la présence sur le terrain limitée mais l’organisation, tout en respectant les mesures de prévention, a mis en place un certain nombre d’aides pour «les populations dont la vulnérabilité s’est encore aggravée avec la pandémie». L’organisation présente à Calais auprès des migrants et des plus fragiles depuis 20 ans, distribue «des chèques services pour répondre aux besoins de première nécessité».

Un soutien qui est apporté «aux personnes exilées, aux femmes seules avec enfants et sans ressource, à certains étudiants et aux travailleurs précaires qui ne peuvent bénéficier du chômage partiel». Un appel aux dons de couvertures et de duvets a également été lancé et l’organisation met à disposition des migrants, dans les campements, des recharges pour les téléphones portables afin qu’ils puissent continuer à être informés sur l’épidémie, appeler les numéros d’urgence en cas de besoin et maintenir un lien essentiel avec leur famille, en dépit de la distance.

Générosité et solidarité des habitants de Calais

Malgré l’isolement, les gestes de solidarité ne manquent pas à Calais, se réjouit Juliette Delaplace. «Il y a une volonté d’aider, un désir de partager qui s’est notamment traduit par un important élan de générosité lors de la collecte de couvertures». «L’isolement est bien physique mais il n’est pas dans les têtes, au contraire, il y a une grande préoccupation pour les personnes qui ne peuvent être confinées et qui sont très vulnérables».

Le gouvernement français a annoncé, le 15 avril dernier, le versement d’une aide exceptionnelle pour les plus démunis. «Plus de quatre millions de foyers» percevront une «aide d'urgence», a indiqué le premier ministre Edouard Philippe, à l'issue du Conseil des ministres. Les familles percevront 150 euro chacune, plus la somme de 100 euro par enfant pour les bénéficiaires de certains minima sociaux. Les ménages touchant des aides au logement se verront pour leur part allouer 100 euro par enfant. Au total, l'Etat déboursera près d'un milliard d'euros.

 

Entretien avec Juliette Delaplace, du Secours Catholique à Calais
17 avril 2020, 12:30