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Les présidents turc et russe (photo d'archives) Les présidents turc et russe (photo d'archives) 

Syrie : Russie et Turquie tentent d'éviter une confrontation directe

Tenter de redéfinir une vision commune et trouver un nouvel équilibre : c’est l’objectif du sommet bilatéral qui se tient ce jeudi à Moscou entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. Après des semaines d’escalade militaire à Idleb, dans le nord de la Syrie, Russie et Turquie, acteurs majeurs de ce conflit, se retrouvent en effet au bord de la confrontation directe.

Il est loin le temps des accords de Sotchi, signés en 2018 et par lesquels les deux pays, surmontant leurs agendas opposés, s’étaient entendus pour faire cesser les combats à Idleb et y instaurer une zone démilitarisée.

Depuis, l’armée du régime de Bachar Al-assad  a lancé une offensive de reconquête dans le nord de la Syrie, et avec le soutien de l’aviation russe, a déjà repris près de 40% de la province d’Idleb, la dernière à échapper encore à son contrôle et tenue en grande partie par des groupes jihadistes et rebelles… Lesquels ont pour principal allié : la Turquie. L’escalade était donc inévitable : après des mois de menaces, Ankara a frappé 3 avions du régime syrien, tué des dizaines de ses soldats, entrainant des ripostes de Damas, qui a tué une trentaine de soldats turcs à son tour.

Cette crispation militaire s’est doublée de plusieurs algarades diplomatiques entre Moscou et Ankara. Il s’agit donc aujourd’hui pour ces deux colosses aux pieds d’argile d’éviter une guerre ouverte qui aurait des conséquences potentiellement dramatiques pour l’un comme pour l’autre. Mais dans les négociations qui s’ouvrent ce jeudi, c’est la Turquie qui part en position de faiblesse. Ses tentatives d’obtenir le soutien des Européens contre la Russie en ouvrant ses frontières n’a pas eu l’effet escompté. L’Union européenne reste ferme et ne semble pas prête à faire pression sur Moscou, comme le cherchait le président turc Erdogan.

05 mars 2020, 08:24