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Fuyant des combats dans la région d'Idlib, des personnes se sont réfugiées dans des camps de fortune. Ici, dans le stade de la ville d'Idlib. Fuyant des combats dans la région d'Idlib, des personnes se sont réfugiées dans des camps de fortune. Ici, dans le stade de la ville d'Idlib.   (AFP or licensors)

Des ONG s'alarment de la dégradation des conditions de vie des réfugiés en Syrie

Plus d'un million de Syriens ont du fuir la province d'Idlib depuis décembre 2019. Plusieurs organisations telles que Save the Children ont dévoilé jeudi 4 mars des images satellites des zones récemment bombardées. Elles montrent des terres détruites sur lesquelles survivent les réfugiés.

Anne-Quitterie Jozeau – Cité du Vatican

Des champs agricoles transformés en camps de fortunes, des terres bombardées… Save the Children, World Vision et l’initiative humanitaire de Harvard ont publié mercredi 4 mars des images satellites des camps de réfugiés et des zones les plus touchées par le conflit en Syrie. L’objectif : alerter les belligérants, comme la communauté internationale, sur le risque encouru par ces populations ainsi que sur leurs conditions de vie.

Depuis décembre dernier, un million de personnes ont fui les conflits de la région d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie, où Ankara et Damas, soutenu par Moscou, se livrent un combat sans répit pour s'imposer sur ce territoire. Depuis 2017, les camps de réfugiés ont doublé en taille et en population. Il devient extrêmement difficile pour les associations caritatives sur place de répondre aux besoins des personnes réfugiées. Deux camps situés au nord d’Idlib ont vu leur taille augmenter de 100 et 177% respectivement.

Par ailleurs, les camps sont installés sur des terres qui servaient initialement à la culture, les rendant incultivables.

Dans certaines zones, un tiers des bâtiments touchés –maisons, infrastructures sociales vitales- a été sérieusement endommagé. Tout retour des familles semble impossible dans l’immédiat : les bombardements aériens et les combats au sol ont rasé de nombreux villages.

Les enfants : premières victimes 

Sonia Khush , la directrice de l’ONG Save the Children en Syrie,  spécialisée dans la protection de l’enfance, a expliqué l’atmosphère dans laquelle vit le «demi-million d'enfants, entassés dans des camps et des abris de fortune à la frontière turque, sans accès aux biens essentiels et sans possibilité de mener une vie digne : ils n'ont pas d'endroit chaud pour dormir, pas d'eau propre, pas de nourriture nutritive et ne peuvent même pas étudier». Les moyens donnés aux organisations ne suffisent plus, a-t-elle rappelé.

En janvier 2020, 77 enfants ont été tués ou blessés dans le nord-ouest de la Syrie. Quant au 25 février dernier, 10 écoles ont été bombardées à Idlib : des dizaines d’enfants ont été blessés et 9 sont morts.

La dixième année de conflit risque d’être la pire

Si les belligérants poursuivent leur politique sans respecter le droit international humanitaire consistant à protéger les hôpitaux et écoles, alors «la dixième année du conflit en Syrie risque d'être l'une des plus sanglantes» a martelé Sonia Khush.

«Nous ne cesserons jamais de dire que seule la fin des hostilités peut mettre fin à cela», a ajouté Johan Mooij, directeur de la réponse d'urgence syrienne à World Vision.

05 mars 2020, 11:35