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Le président Salva Kiir et l'ancien vice-président Riek Machar ont jusqu'au 22 février pour former un gouvernement d'union nationale. Le président Salva Kiir et l'ancien vice-président Riek Machar ont jusqu'au 22 février pour former un gouvernement d'union nationale.   (AFP or licensors)

Les négociations de paix restent dans l'impasse au Soudan du Sud

Les deux frères ennemis sud-soudanais, Salva Kiir et Riek Machar, ont jusqu’à samedi 22 février pour former un gouvernement d’union nationale. Mais les négociations semblent une nouvelle fois dans l’impasse, le président et l’ancien vice-président n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le nombre d'États dont doit être constituée la République fédérale sud-soudanaise.

Marine Henriot, avec agences - Cité du Vatican 

Dimanche 16 février, les rebelles sud-soudanais ont rejeté la proposition du président Salva Kiir de revenir à un système fédéral de dix États, conformément à la Constitution promulguée lors de l’indépendance du pays en 2011. Le retour à un Soudan du Sud fédéré, divisé en dix États, était pourtant une réclamation de l'opposition.

Samedi 15 février, le président sud-soudanais avait annoncé accepter le retour d’un pays à dix États, tout en annonçant la création de trois zones administratives. Avec ces trois zones administratives, le chef de l’État à «ouvert la boîte de Pandore», a dénoncé l'ancien vice-président Riek Machar. «Nous appelons en conséquence le président Kiir à reconsidérer cette idée», a-t-il ajouté.

Parmis ces trois zones administratives se trouverait la région de Ruweng, revendiquée tant par les Dinka, l’ethnie du président Kiir, que par les Nuer, l’ethnie de Riek Machar. Une région stratégique, riche en pétrole, où se sont déroulés les plus rudes combats durant la guerre civile.

Une question essentielle pour avancer dans les négociations 

Le nombre d'États, ainsi que le tracé de leurs frontières, représentent les principales pierres d’achoppement des négociations en vue de la formation d’un gouvernement d’union. Depuis son arrivée au pouvoir lors de l’indépendance du pays, Salva Kiir a fait passer le nombre d'État de 10 à 28 en 2015, puis de 28 à 32. Ses détracteurs estiment que cela lui permet de placer ses alliés à des postes à hautes responsabilités. Tard samedi soir, le président Kiir a relevé de leurs fonctions les gouverneurs des 32 États fédéraux.

Prolongée de six mois, puis de 100 jours la date butoir pour la formation d'un gouvernement d'union a été fixée au 22 février prochain, et semble aujourd’hui dans l’impasse. Les négociations doivent  mettre un terme à la guerre civile qui a fait plus de 380 000 morts en six ans et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

Le processus de réconciliation au Soudan du Sud est suivi avec attention par le Saint-Siège et par le Pape François qui a exprimé plusieurs fois son désir de se rendre dans le pays en guerre depuis 2013, à condition bien sûr que la paix soit retrouvée et un gouvernement d’union formé.

17 février 2020, 12:33