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Dans un camp de déplacés au Darfour (Soudan) - le 9 octobre 2019 Dans un camp de déplacés au Darfour (Soudan) - le 9 octobre 2019  (AFP or licensors)

Attaque meurtrière à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud

Mercredi 22 janvier, une attaque a fait au moins 19 morts et 25 blessés au Soudan, dans la région d’Abiyé. Cette zone situé à la frontière avec le Soudan du Sud constitue une pomme de discorde entre les deux États. Sur le terrain, les tensions opposent les communautés locales et des éleveurs nomades, provoquant parfois des affrontements meurtriers.

Adélaïde Patrignani - Cité du Vatican 

C’est la communauté sud-soudanaise des Ngok Dinka qui a été visée lors de cette attaque du village de Kolom. Selon un communiqué de la Force intérimaire des Nations unies dans l'Abyei (UNISFA), déployée dans la région depuis 2011, «19 personnes ont été tués et 25 blessées, trois enfants sont portés disparus et 19 maisons incendiées». L’administrateur en chef de la région a donné un bilan plus élevé précisant aussi que l’attaque était due à des éleveurs Misseriya, lourdement armés, et à des assaillants.

Des ressources convoitées

Les Misseriyas sont des éleveurs soudanais qui traversent la région pour nourrir leur bétail. Une région convoitée car riche en pétrole, et théâtre de conflits depuis de nombreuses années. D’abord pendant les deux guerres civiles soudanaises, au siècle dernier, puis après l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, pendant laquelle les combats ont fait fuir 100 000 personnes. Depuis cette date, l’ONU a mis en place une force de maintien de la paix composée de 4500 soldats éthiopiens. Mais les tensions restent vivent. En 2018, le Conseil de sécurité de l’ONU estimait que la situation dans l’Abiyé «continuait de constituer une menace grave à la paix internationale». Il appelait les deux pays à effectuer des progrès concrets dans la délimitation de la frontière.

L'attention du Pape François

«La paix», «la prospérité», et un «engagement renouvelé sur le chemin de la fraternisation»: c’est ce qu’a souhaité le Pape François aux dirigeants politiques du Soudan du Sud lors de ses vœux de Noël 2019. Le Saint-Père se montre particulièrement attentif au processus de paix dans la région. Que l'on se souvienne de la retraite spirituelle organisée au Vatican au mois d’avril dernier et du geste très fort du Saint-Père, qui s’était agenouillé devant Salva Kiir et Riek Machar, les suppliant de se réconcilier.

En adressant ses vœux au corps diplomatique le 9 janvier dernier, François a également réaffirmé sa volonté de se rendre au Soudan du Sud cette année.

(Avec AFP) 

23 janvier 2020, 08:19