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Vatican News
Une femme et son nouveau-né dans une maternité en République centrafricaine - 20.02.2018 Une femme et son nouveau-né dans une maternité en République centrafricaine - 20.02.2018  (AFP or licensors)

La lèpre affecte encore 3 millions de personnes à travers le monde

Le Journée mondiale des lépreux, instaurée en 1954, a lieu cette année le 26 janvier. En France, elle s’accompagne d’une quête nationale organisée pendant trois jours, du 24 au 26 janvier. Cette invitation à la solidarité reste d’actualité face à une maladie qui fait des ravages dans plus de 150 pays du monde.

Pour cette 67e édition de la Journée mondiale des lépreux, l’Ordre de Malte France, organisateur de la collecte nationale, tient à rappeler que «la lèpre n’est pas une fiction». En effet, contrairement aux idées reçues, cette maladie infectieuse chronique – dont les premiers cas connus en Europe datent de 62 avant Jésus-Christ – n’est pas encore éradiquée.

Toutes les deux minutes, une personne en est atteinte. Au total, trois millions de lépreux vivent avec des mutilations ou des infirmités, dans plus de 150 pays du monde. Environ 200 000 nouveaux cas sont dépistés chaque année, selon les chiffres de l’OMS.

La plupart des foyers dans l’hémisphère sud

Toutefois, la tendance générale évolue, tout comme la stratégie de lutte contre cette maladie tropicale. Ainsi, en près de 10 ans, les nouveaux cas détectés ont légèrement diminué dans le monde (244 796 en 2009 à 208 619 en 2018, d’après l’OMS). Parmi les foyers les plus endémiques figurent le Brésil, l’Inde, la Birmanie, Madagascar, la République Démocratique du Congo, le Nigéria, le Mozambique ou encore la Tanzanie. Après avoir annoncé en 2005 que la lèpre n’était plus un problème de santé publique, l’OMS prévoit une nouvelle stratégie orientée sur la prévention de la lèpre, en utilisant un traitement préventif de masse pour les contacts et autres groupes à haut risque. L’intensification des campagnes de dépistage précoce des cas dans plusieurs pays et les initiatives visant à couvrir les populations à risque par chimioprévention devrait favoriser l’éradication complète de la maladie.

Les défis du suivi des malades

Maladie de la pauvreté, de l’ignorance et de la honte, la lèpre touche les populations isolées coupées des systèmes de santé. Stigmatisés, les lépreux souffrent donc non seulement de cette maladie qui «lèche la peau et mord les nerfs», mais aussi d’abandon puisqu’ils sont alors exclus de société, même une fois guéris. La honte associée à la maladie demeure un obstacle à la consultation spontanée et au traitement précoce. Il est donc très difficile de contrôler la maladie et son évolution: c'est un des plus grands défis. Le traitement médical doit être accompagné d’une prise en charge globale du malade. La surveillance d’anciens lépreux est également indispensable dans la lutte contre la lèpre face aux risques de récidive ou de réactions. Il est essentiel de maintenir un savoir-faire et des moyens médicaux rapidement mobilisables.

Agir et former sur le terrain

Plusieurs organismes caritatifs, comme l’Ordre de Malte France ou la Fondation Raoul Follereau, sont pleinement engagés dans le combat contre la lèpre. Ainsi, dans 11 pays, les équipes de l’Ordre de Malte France enseignent aux populations à détecter la maladie et à consulter dès les premiers signes pour éviter l’apparition de séquelles irréversibles. Elles prennent aussi en charge les formations des médecins et des personnels de santé en partenariat avec des unités de médecine françaises. Plus de 500 médecins africains, français, vietnamiens et cambodgiens ont ainsi été formés au Centre Hospitalier de l’Ordre de Malte à Dakar depuis 1967. L’association intervient également dans les phases de soins, de traitement chirurgical des séquelles, de réhabilitation et de réinsertion.

Dans 17 pays, principalement en Afrique, la Fondation Raoul Follereau lutte contre la lèpre de manière similaire, par des activités de dépistage, des traitements, la prévention des invalidités et la réadaptation physique. Elle soutient également les projets qui visent à réinsérer les malades socialement, notamment par la réinsertion.

Une quête nationale pour des projets internationaux

Du 24 au 26 janvier, 10 000 quêteurs bénévoles seront mobilisés sur le territoire français au nom de l’Ordre de Malte pour solliciter la générosité de la population. En 2019, cette quête sur la voie publique a permis de rassembler plus de 610 000 euros. Une somme qui contribue à l’amélioration de l’état de santé de près de 30 000 personnes traitées de la lèpre et de ses complications. Cette solidarité porte aussi d’autres fruits concrets. Ainsi, parmi les projets menés à bien en 2019, l’organisation mentionne l’inauguration d’un dispensaire rénové à Nouakchott, en Mauritanie, la réhabilitation complète d’un centre de santé en Guinée Conakry, le financement de la formation de soignants au Cambodge. «Chaque don contribuera à vaincre la maladie !», insiste avec raison l’Ordre de Malte. 

22 janvier 2020, 13:03