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Une femme récupère de l'eau après le passage du cyclone Idai, en 2019. Une femme récupère de l'eau après le passage du cyclone Idai, en 2019. 

Dans le monde, plus de 40 % des femmes exercent un travail non rémunéré

Dans le cadre du Forum économique mondial, qui se tiendra du 21 au 24 janvier à Davos, l'organisation Oxfam diffuse un rapport qui analyse les inégalités sociales et économiques au niveau actuel.

«Si chaque personne s'asseyait sur l'argent qu'elle a accumulé en billets de cent dollars, la majeure partie de l'humanité serait assise par terre. Dans un pays riche, une personne de la classe moyenne s'assiérait à la hauteur d'une chaise. Les deux hommes les plus riches du monde seraient assis dans l'espace.» C'est ce que montre clairement le dernier rapport d'Oxfam, Time for Care : Care Work and the Global Inequality Crisis. (Le temps du soin : le travail du soin et la crise mondiale de l’inégalité).

Dans ce rapport, l'organisation révèle comment l'inégalité économique est actuellement hors de contrôle. Certaines des données analysées montrent qu'en 2019, «les milliardaires du monde possédaient plus de richesses que 4,6 milliards de personnes», soit 60% de la population mondiale. Autre statistique révélatrice : «les 22 hommes les plus riches du monde possèdent plus de richesses que toutes les femmes en Afrique».

Le travail de soins non rémunéré touche 42% des femmes

Dans son dernier rapport, Oxfam se concentre sur les femmes, et plus particulièrement sur le travail non rémunéré. En fait, le rapport révèle comment l'énorme écart «est la conséquence d'un système économique sexiste et défaillant qui valorise la richesse d'une élite privilégiée, principalement masculine, plus que les milliards d'heures de travail de soins essentiels non rémunérés ou mal payés effectués principalement par les femmes et les filles dans le monde».

«42% des femmes ne peuvent pas accéder à l'emploi parce qu'elles sont responsables de soins, contre seulement 6% des hommes», indique le rapport, qui note que les femmes et les filles consacrent également «12,5 milliards d'heures par jour» à des soins non rémunérés, contribuant ainsi à hauteur d'au moins «10,8 billions de dollars par an» à l'économie mondiale, «un chiffre trois fois supérieur à la taille de l'industrie technologique mondiale».

La nécessité d'une économie plus humaine

En réponse à cette analyse, l'organisation affirme que cette «responsabilité inégale» pour le travail de soins qui incombe aux femmes «perpétue à la fois les inégalités économiques et l'inégalité des sexes» et représente donc quelque chose qui «doit changer». En ce sens, il met en évidence l'appel d'Oxfam aux gouvernements du monde entier pour qu'ils prennent des mesures urgentes «pour construire une économie plus humaine et féministe qui valorise ce qui compte vraiment pour la société, plutôt que d'alimenter une course sans fin au profit économique et à l'accumulation de richesses».

Cette réflexion rejoint le thème des “aidants familiaux”, dont le régime de protection sociale et la reconnaissance économique de leur service comme un travail en soi font actuellement débat en France.

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20 janvier 2020, 18:31