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Des manifestants contre la tenue de l'élection présidentielle, le 12 décembre 2019, à Alger en Algérie. Des manifestants contre la tenue de l'élection présidentielle, le 12 décembre 2019, à Alger en Algérie.   (ANSA)

Scrutin perturbé en Algérie

Ce jeudi 12 décembre, près de 24 millions d’électeurs algériens sont appelés aux urnes pour élire celui qui succèdera à Abdelaziz Bouteflika. Un scrutin qui arrive après 11 mois de contestation inédite dans le pays, le Hirak, réclamant le démantèlement de toute la classe politique algérienne.

Marine Henriot - Cité du Vatican

En Algérie, la première élection présidentielle depuis deux décennies sans la figure d’Abdelaziz Bouteflika, a été fortement perturbée ce jeudi 12 décembre, notamment dans la région frondeuse de Kabylie, dans le nord du pays à l’est d’Alger. À Tizi-Ouzou et à Bouira, tous les bureaux de vote ont fermé au cours de la journée. À Tizi-Ouzou, les gendarmes ont tiré des gazs lacrymogènes pour repousser des manifestants qui voulaient prendre d’assaut la préfecture. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent de nombreux jeunes déchirant des listes électorales dans une cour d'école jonchée de bulletins de vote.

À Alger, les journalistes sur place évoquent une marée humaine, une dizaine de milliers de manifestants dans les rues de la capitale. La police, déployée en force, est rapidement et brutalement intervenue toute la matinée pour empêcher tout rassemblement et les portes d’un bureau de vote ont été fermées provisoirement par précaution. 

Les manifestants sont contre la tenue même de ces élections et demandent le démantèlement de classe politique toute entière. Les cinq candidats pour succéder à Abdelaziz Bouteflika sont considérés comme appartenant à la classe politique dominante et tous ont participé à un moment ou un autre au régime Bouteflika. Après 20 ans au pouvoir, Abdelaziz Bouteflika a annoncé sa démission, bouté hors du pouvoir par le Hirak, en avril 2019. 

Faible participation 

À 15 heures, heure locale, le taux de participation était de 20,43 % selon l’Autorité nationale des élections (Anie). Un taux inférieur à la présidentielle de 2014, mais ces dernières années les chiffre de participation auraient été gonflés, selon les observateurs. Selon les chiffres publiés par l'Autorité nationale des élections, la participation est quasi-nulle à Tizi-Ouzou (0,02 %) et Béjaïa (0,12 %).

Les électeurs ont jusqu’à 19 heures, heure locale, pour se rendre aux urnes, les premiers résultats sont attendus dans la matinée de vendredi 13 décembre.

12 décembre 2019, 18:28