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Manifestation devant le palais présidentiel à Kiev le 8 décembre 2019 en vue de la réunion de Paris Manifestation devant le palais présidentiel à Kiev le 8 décembre 2019 en vue de la réunion de Paris 

Reprise du dialogue sur le conflit ukrainien

Les dirigeants français, allemand, russe et ukrainien se retrouvent ce lundi à Paris dans le format «Normandie» pour parler du conflit ukrainien. Une première depuis 2016. Si cette rencontre au sommet ne devrait aboutir à aucune décision concrète, elle permet de relancer le dialogue entre les différentes parties avec la présence de nouveaux protagonistes : les présidents ukrainien et français, absents lors de la dernière réunion.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Voilà près de six ans que le conflit ukrainien a débuté dans l’est du pays. Depuis 2015 et l’accord de Minsk, un cessez-le-feu théorique est en vigueur mais il est rompu tous les jours par des tirs sporadiques. La guerre est entrée ainsi dans une phase de faible intensité, les lignes de front entre les belligérants étant peu ou prou figées.

Le Pape François a évoqué à de nombreuses reprises cette guerre. Il l’a encore fait ce dimanche après la prière de l’angélus, place Saint-Pierre, parlant de la rencontre qui a lieu ce lundi à Paris entre les présidents ukrainien, russe et français et la chancelière allemande «pour chercher des solutions au douloureux conflit en cours désormais depuis plusieurs années dans l’est de l’Ukraine». «J’accompagne, a-t-il poursuivi, cette rencontre avec une prière intense et je vous invite à faire de même afin qu’une telle initiative de dialogue politique contribue à porter des fruits de paix dans la justice à ce territoire et à sa population».

Les lignes bougent légèrement

C’est la première fois depuis 2016 que les dirigeants de ces quatre pays se retrouvent pour parler du conflit qui met aux prises le gouvernement central ukrainien et les séparatistes du Donbass qui ont créé deux Républiques, celles de Lougansk et Donetsk.

Selon Alexandra Goujon, maître de conférence à l’université de Bourgogne, et spécialiste de l’Ukraine, il ne faut rien attendre de concret de la rencontre de Paris, sinon «une relance du dialogue» au plus haut niveau. Car le dialogue ne s’est jamais rompu, les chancelleries n’ayant pas cessé de travailler depuis plusieurs années. Et l’élection cette année de Volodymyr Zelensky à la présidence de la République ukrainienne a permis quelques avancées comme l’échange de prisonniers avec la Russie.

Le nouveau président ukrainien espère poursuivre l’échange des prisonniers avec les séparatistes et les Russes et obtenir quelques avancées pour que le cessez-le-feu soit effectif. Son homologue russe, Vladimir Poutine, souhaite la levée des sanctions qui frappent son pays à cause de l’annexion de la Crimée en 2014 et à cause de son soutien à peine voilé aux séparatistes ukrainiens. Quant aux Allemands et aux Français, ils veulent régler un conflit qui déstabilise les frontières orientales de l’Union européenne et empêche la normalisation des relations entre les capitales occidentales et Moscou. 

Entretien avec Alexandra Goujon

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09 décembre 2019, 08:18