Recherche

Vatican News
Une femme passe devant un dessin peint sur le mur de l'ancienne ambassade américaine, ce 2 novembre à Téhéran Une femme passe devant un dessin peint sur le mur de l'ancienne ambassade américaine, ce 2 novembre à Téhéran 

Il y a quarante ans, la prise d’otages à l’ambassade américaine à Téhéran

En 1979, la «crise des otages», longue de 444 jours, va durablement marquer la relation entre les Etats-Unis et l’Iran; les premiers vivant une humiliation, les seconds capitalisant sur cet épisode pour construire une propagande nationaliste anti-américaine, dans la foulée de la Révolution islamique.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel - Cité du Vatican

L’Iran célébrait ce lundi le quarantième anniversaire de la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran. Le 4 novembre 1979, un groupe d’étudiants partisans de la Révolution islamique prend d’assaut la représentation diplomatique des États-Unis dans la capitale iranienne. 52 ressortissants américains seront retenus. Des milliers de personnes se sont réunies à Téhéran, siège de l’ancienne ambassade mais aussi dans plusieurs villes du pays afin de marquer cet anniversaire, la télévision d’État diffusant des images de foules chantant le slogan «Mort à l’Amérique !».

Un refrain qui trouve ces racines dans ce jour de novembre 1979 où les étudiants inspirés par l’Ayatollah Khomeyni prirent d’assaut l’ambassade américaine. Par ce coup de force spectaculaire, ils exigent l’extradition du Shah Reza Pahlavi, exilé aux États-Unis; une extradition refusée par le président américain, Jimmy Carter. Dès lors, l’opposition est totale entre Washington et Téhéran, les États-Unis imposant un premier embargo économique sur l’Iran et expulsant les diplomates iraniens.

Premier embargo américain

Les otages seront  finalement libérés le 20 janvier 1981, quelques minutes seulement après que Ronald Reagan soit officiellement devenu président des États-Unis. Le nouveau chef de la Maison blanche qui fera part de son souhait de voir s’établir des relations normales avec Téhéran. Un vœu qui restera pieu.

Si de nombreux Iraniens semblent avoir tourné la page de cette prise d’otages, la propagande anti-américaine du régime est encore forte. Dans un pays durement marqué par la crise économique, le régime des mollahs avait besoin de cet évènement pour remobiliser sous la bannière du nationalisme révolutionnaire. Mais le régime veut se montrer inflexible, en témoignent des propos, tenus ce lundi par le commandant en chef de l'armée iranienne, Abdolrahim Moussavi: «Les États-Unis sont comme un scorpion au venin mortel, a-t-il déclaré, qui ne cesse de vous agacer que lorsqu'il est écrasé».

Pour Bernard Hourcade, directeur de recherche émérite au CNRS et spécialiste de l’Iran, revient sur cette prise d'otage de 1979, une étape essentielle dans l’histoire de l’Iran quelques mois après la révolution islamique

Entretien avec Bernard Hourcade, directeur de recherche émérite au CNRS
04 novembre 2019, 18:23