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Rassemblement de partisans du président péruvien Martin Vizcarra Rassemblement de partisans du président péruvien Martin Vizcarra  

Confusion politique au Pérou, les évêques exhortent au dialogue

Le Pérou sombre dans une crise institutionnelle et politique. Le président Martin Vizcarra a annoncé, ce lundi, la dissolution du Parlement et la tenue de législatives anticipées. Le Parlement a aussitôt suspendu le chef de l'État. Les évêques mettent en garde contre la violence

Un pays avec deux chefs de l’État à sa tête, c’est le scénario que connaît depuis ce lundi le Pérou. Le Parlement, dominé par l'opposition fujimoriste, a voté la suspension pour un an du président Martin Vizcarra pour «incapacité morale» et nommé, dans la foulée,  la vice-présidente Mercedes Araoz chef de l'État par intérim. Cette économiste de 58 ans a immédiatement prêté serment devant le président du Parlement, Pedro Olaechea. Les députés fujimoristes de l’opposition comptent bien voter vendredi prochain la destitution définitive de Martin Vizcarra.

Ce bras-de-fer a été initié il y a plusieurs mois. En cause: le mode de nomination des juges du Tribunal constitutionnel, la plus haute juridiction du pays. Contre l’avis de l’opposition, accusée de manœuvrer dans l’ombre, le président Vizcarra exige un nouveau mode d’élection de ces juges, qui devront statuer sur des affaires importantes de corruption.

Le président Vizcarra a succédé en 2018 à Pedro Pablo Kuczynski acculé à la démission en raison de soupçons de corruption. Il a depuis entamé un vaste combat contre ce fléau, dans un pays où les quatre derniers présidents et parfois leurs familles ont eu maille à partir avec la justice, précisément sur des affaires de blanchiment d’argent et de pots-de-vin.

Il a par ailleurs fait voter par referendum la réforme qui interdit aux parlementaires de se représenter pour un second mandat. En cas d’élections anticipées, les actuels députés ne retrouveront donc plus leurs sièges.

Appel des évêques à la maturité politique

Face à cette «grave situation» les évêques péruviens ont pris la parole invitant à «faire preuve de maturité politique» en proposant des «réponses concrètes et responsables». Ils appellent l'ensemble de la société et les acteurs politiques à «agir conformément à l'ordre constitutionnel et démocratique».

Chaque acteur politique est invité à rejeter «toute forme de violence, d'où qu'elle vienne» et à dialoguer avec son adversaire. Les évêques exhortent à ne pas «sombrer dans la vengeance ou la complicité», et voient dans cette crise une occasion de lutter contre la corruption, à tous les niveaux.

Il est urgent, insistent-ils, de «définir, dans les meilleurs délais, une politique stable qui durera au moins jusqu'aux prochaines élections, en raison de sa grande importance, dans la mesure où cette stabilité politique déterminera la prochaine représentation du pays».

L’accent doit être mis sur le respect du bien commun et une attention particulière doit être accordée aux enfants et aux jeunes qui représentent l’avenir du pays. Les évêques péruviens concluent leur message en appelant à une journée de prière pour la paix et le développement humain intégral dans le pays.

01 octobre 2019, 17:20