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Devant le consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, le 25 octobre 2018. Devant le consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, le 25 octobre 2018.  

Un an après l’assassinat de Khashoggi, l’Arabie Saoudite toujours isolée ?

C’était il y a un an, un commando de 15 personnes venu de Riyad exécutait de façon sanglante le journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans l’enceinte du consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul. Un assassinat qui provoquait une levée de boucliers des occidentaux contre l’Arabie Saoudite. Un an après, la monarchie a-t-elle su retrouver sa place sur la scène internationale ? Analyse.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican 

Le 2 octobre 2018, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi était tué dans l’enceinte du consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul, par un commando d’agents venus de Riyad. Très vite, la Turquie, mais également des médias tel que le New-York Times accuse l’entourage du prince héritier saoudien et Mohammed Ben Salmane lui-même d’être directement responsable de l’assassinat. 

Après l’assassinat, MBS a d’abord affirmé que le journaliste était sorti vivant du consulat saoudien. Une version modifiée quelques jours plus tard par Riyad, qui avouait que Jamal Khashoggi est bien mort entre les murs du consulat. Le 26 septembre 2019, la chaîne américaine PBS rapporte des citations de MBS selon lesquelles il affirme en décembre 2018 assumer la responsabilité du meurtre, mais a assuré n’en avoir eu connaissance qu’après les faits. 

Un procès en Arabie Saoudite 

Le meurtre, qui aurait impliqué 15 agents saoudiens, avait soulevé une émotion considérable.  Depuis, la CIA et une experte de l'ONU, Agnes Callamard, ont mis en cause le prince héritier saoudien et homme fort du pays Mohammed ben Salmane, qui dément. Cherchant à soigner son image fortement ternie, le royaume saoudien a traduit en justice 11 suspects. 

Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite est toujours frappée par le discrédit de cet assassinat barbare, explique le directeur de l’Observatoire des Pays Arabes, Antoine Basbous, «Aucun pays occidental n’a osé inviter MBS visiter sa capitale, tous les programmes de visites ont été annulés ou repoussés».

Pour retrouver sa place parmi les grands de ce monde, l'Arabie Saoudite met en place une «campagne d'embellissement», nous explique Antoine Basbous, qui se traduit par des mesures pour diversifier son économie mais également une tolérance grandissante quant à la place de la femme dans la société saoudienne, «une diversion pour faire oubier l'assassinat du journaliste». 

Un an après la levée de boucliers des alliées de l’Arabie Saoudite, le Royaume, a-t-il retrouvé sa place sur la scène internationale ? Éléments de réponse avec Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des Pays Arabes, auteur du livre Le tsunami arabe paru aux éditions Fayard.

Interview d'Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des Pays Arabes
02 octobre 2019, 08:34