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Le président péruvien, Martin Vizcarra, au palais présidentiel à Lima. Le président péruvien, Martin Vizcarra, au palais présidentiel à Lima. 

Crise politique au Pérou entre le président et le Congrès

C’est une crise politique d’ampleur que traverse cette semaine le Pérou. Le président péruvien Martin Vizcarra a nommé jeudi un nouveau gouvernement, avec neuf nouveaux ministres, dont un dissident de l'opposition fujimoriste, trois jours après avoir dissous le Parlement et convoqué des élections législatives anticipées.

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Le Pérou est plongé depuis lundi 30 septembre dans une grave crise politique : pouvoir et opposition s’accusent mutuellement d’entorses aux règles du jeu démocratiques, menaçant de déstabiliser un pays déjà ébranlé par des affaires récurrentes de corruption.

Le président Martin Vizcarra, héraut de la lutte anticorruption et dont la popularité est croissante dans la société civile, les rangs de l’armée et de l’Église, a ainsi dissous le Congrès ce lundi en raison de désaccords profonds sur les nominations du Tribunal constitutionnel du pays, et l’impossibilité de réformer.

Estimant cette manœuvre illégale, les élus ont aussitôt répliqué en votant la suspension du chef de l’État pour un an et son remplacement par la vice-présidente, Mercedes Araoz. Le lendemain, celle-ci annonçait sa démission de toutes ses fonctions.

Pour dénouer cet imbroglio, le Tribunal constitutionnel, plus haute instance judiciaire, doit désormais trancher : le président a-t-il agi conformément à la Constitution, auquel cas des élections législatives auront lieu le 26 janvier,… ou a-t-il outrepassé ses pouvoirs ?

L’analyse de Gustavo Pastor, chercheur associé au CESPRA EHESS, et membre de l'Observatoire politique sur l’Amérique latine de Sciences Po (OPALC).

Entretien avec Gustavo Pastor, chercheur à l'EHESS sur le Pérou
04 octobre 2019, 18:26