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Le président actuel Sooronbai Jeenbekov (à gauche), aux côtés de son prédecesseur Almazbek Atambaïev, lors de son entrée en fonctions en novembre 2017 Le président actuel Sooronbai Jeenbekov (à gauche), aux côtés de son prédecesseur Almazbek Atambaïev, lors de son entrée en fonctions en novembre 2017 

La Russie veillera à la stabilité du Kirghizstan

L’ancien président du Kirghizstan est placé en détention provisoire. Almazbek Atambaïev est accusé d’avoir fomenté un coup d’état contre son successeur à la tête du pays, Sooronbaï Jeenbekov. La Russie suit de très près l’évolution de la crise. C’est ce que nous explique Boris Petric, anthropologue au CNRS, chercheur au centre Norbert Elias à Marseille.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel – Cité du Vatican

Dans une région qui connaît certains des régimes les plus autoritaires au monde, le Kirghizstan fait figure d’exception. En 1991, l’ancienne république soviétique a procédé, sous l’impulsion du président Bakiev et avec le soutien d’organisations internationales et des États-Unis, à de nombreuses réformes pour démocratiser le pays. Les élections donnent lieu aujourd’hui à une véritable concurrence.

La “Suisse d’Asie centrale” connaît cependant un regain de fièvre. Ignorant des convocations de la police et sur fonds de désaccords croissant avec l’actuel chef de l’État, l’ancien président Almazbek Atambaïev a été interpellé le 8 août dernier près de Bichkek, à l’issue de deux assauts contre sa résidence qui ont mobilisé plus de 2000 policiers, fait un mort et 170 blessés.

Selon le chef du service national de sécurité, Almazbek Atambaïev aurait tenté de renverser son successeur et ancien dauphin, Sooronbaï Jeenbekov. Almazbek Atambaïev estime être victime d’un conflit personnel et qualifie d’absurdes les accusations de tentatives de coup d’état formulée contre lui.

La justice kirghiz soupçonne l’ancien président de «violences contre les responsables des autorités, d’organisation de troubles de masse et de tentative de meurtre» et de trafic d’armes et de munitions; des chefs d’accusation passibles de la peine capitale dans le pays.

Placé en détention provisoire au moins jusqu’au 26 août prochain, Almazbek Atambaïev s’est également vu reprocher cinq affaires, parmi lesquelles l’achat illégal de terre et la libération d’un chef mafieux d’origine tchétchène lorsqu’il était au pouvoir de 2011 à 2017.

Boris Petric revient sur les origines de la crise qui oppose les deux hommes. Il est anthropologue au CNRS et chercheur au centre Norbert Elias à Marseille, spécialiste du Kirghizstan.

Entretien avec Boris Petric
21 août 2019, 16:58