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Affrontements à l'occasion des "marches du retour" qui ont lieu tous les vendredis à la frontière avec Israël Affrontements à l'occasion des "marches du retour" qui ont lieu tous les vendredis à la frontière avec Israël  (ANSA)

Caritas Jérusalem appelle à lever l'embargo sur Gaza

La tension est toujours vive à Gaza, où se succèdent des tirs de roquettes contre Israël, qui répond à son tour en bombardant des positions militaires du Hamas. Les conditions de vie de la population sont toujours catastrophiques ; Caritas Jérusalem lance un appel.

«Les habitants de Gaza se retrouvent au milieu de deux conflits : Hamas contre Israël, Hamas contre Fatah. Ils n’ont aucune espérance d’avenir, ils ne croient plus en la réconciliation inter-palestinienne, et encore moins au processus de paix avec Israël. Les plus jeunes grandissent en cultivant la haine, ils n’ont vu que des guerres et des affrontements, ils sont contraints de vivre dans des conditions impossibles, sans pouvoir jamais aller au-delà du mur qui les emprisonne, incapables de sociabiliser avec le reste du monde. C’est pour cela que, désespérés, ils manifestent à la frontière, en allant presque au suicide ». C’est le tableau bien sombre que brosse un article publié par la revue bimensuelle de Caritas Italie, qui consacre plusieurs pages à la situation préoccupante qui prévaut dans le territoire palestinien.

Tensions avec Israël, rivalités internes

Aux tensions récurrentes entre le Hamas et Israël, se sont adjoints ces derniers jours des attentats-suicide qui ont fait 3 morts parmi les policiers palestiniens. Ces attaques, les premières du genre depuis 2 ans et probablement menées par des groupes salafistes s’inspirant de Daech, ont conduit le Hamas a décréter l’état d’urgence à Gaza.

Caritas Italie revient très largement sur les «marches du retour», qui ont débuté en mars 2018 et rassemblent chaque vendredi des centaines de Palestiniens à la frontière avec Israël. En une année de protestations, émaillées de heurts violents avec Tsahal, on recense la mort d’au moins 270 manifestants, -dont 44 mineurs-,  et plus de 16 000 blessés. Tandis qu’au début du mois de mai dernier, alors que les tensions atteignaient un seuil maximal, des tirs de roquettes du Hamas s’abattaient dru sur le sud d’Israël et causaient la mort de 4 civils israéliens.

Pas de fonds pour les ONG

Mais Caritas Italie alerte tout particulièrement sur le sort des Gazaouis et leurs conditions de vie, chiffres à l’appui, selon lesquels 8 personnes sur 10 dépendent des aides internationales ; 80% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. Le chômage atteint des niveaux très élevés et le besoin d’assistance, notamment sanitaire, se fait toujours plus pressant. Caritas Jérusalem, cité par Caritas Italie et qui opère depuis des années sur le terrain, estime que plus de 900 000 personnes nécessiteraient une aide médicale. Mais le coût des soins est énorme et les organisations humanitaires manquent cruellement d’argent, pointe Caritas qui relie cette situation dramatique à la décision de Donald Trump de couper les millions de dollars de fonds destinés aux Palestiniens via l’agence américaine de développement USAID. Cette dernière a d’ailleurs dû licencier bon nombre de ses employés à Gaza même.

Lever l’embargo

La reconstruction des maisons et infrastructures détruites durant les dernières guerres, (2009, 2012 et 2014) ne progresse que très lentement, constate sœur Bridget Tighe, la directrice de Caritas Jérusalem. L’électricité n’est fournie que 3 à 4 heures par jour, ce qui est bien insuffisant pour alimenter les climatiseurs et réfrigérateurs.  L’eau n’est pas potable, les rues sont inondées de déchets, et les eaux usées se déversent tranquillement dans la mer, faute d’un système d’égout efficace. Seule la fin du blocus instauré par Israël pourrait permettre une amélioration notable de la situation et un apaisement des tensions : «Il est absolument nécessaire de mettre fin à l’embargo, d’ouvrir les passages pour que les gens puissent sortir, se faire soigner et travailler. C’est ce que désire la très grande majorité de la population», affirme la religieuse, qui réitère l’opposition de Caritas à toute forme de violence.

29 août 2019, 16:50