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Mgr Bernadito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies à New York. Mgr Bernadito Auza, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies à New York.  

Mgr Auza: «la lutte contre le terrorisme passe par une éducation efficace»

Dans une conférence donnée au palais de verre à New-York, le représentant du Saint-Siège auprès de l'ONU est revenu sur l'importance du rôle des religions, de la liberté de conscience et de l'égalité des citoyens devant la loi pour lutter contre toutes les formes de violence politique.

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

Le 24 juin, une table ronde était organisée au siège des Nations-Unies à New York, sur le thème "Lutte contre le terrorisme et autres actes de violence fondés sur la religion ou la croyance: favoriser la tolérance et l'inclusion". À cette occasion, Mgr Bernadito Auza, l'observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU, a délivré une refléxion sur les liens entre religion et violence et tracé des lignes pour mieux lutter contre le dévoiement des religions et toute violence qui pourrait en découler.

«Nous avons tous été horrifiés par les attaques récentes contre les juifs à Pittsburgh, Poway et Paris, contre les musulmans à Christchurch, Queens, Québec et Londres, contre les chrétiens au Sri Lanka, au Sahel, dans certaines régions du Nigeria, en Irak et en Syrie» a commencé le diplomate du Saint-Siège, saluant au passage l'attention de la communauté internationale et les nombreuses condamnations manifestées après ces actes terroristes visant des croyants, quels qu'ils soient.

Néanmoins, «les meilleurs instruments internationaux ne suffisent pas, a-t-il poursuivi, il faut mettre l'accent sur la responsabilité et les actions des États de protéger tous leurs citoyens sur un pied d'égalité et de s'attaquer avec vigueur aux facteurs culturels nécessaires à la promotion de la tolérance et de l'inclusivité». 

Promouvoir la liberté de conscience

Pour Mgr Auza, la tolérance et l'inclusion passent par une promotion vigoureuse du droit à la liberté de conscience, de religion et de conviction, comme le rappelle l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. «Le non-respect de la liberté de conscience, de religion et de conviction favorisent un environnement dans lequel les autres droits des croyants, y compris leur droit à la vie, sont plus facilement violés», a relevé le diplomate.

L'observateur du Saint-Siège a aussi relevé les nombreuses atteintes à la liberté religieuse dans le monde, qu'il s'agisse de «harcèlement bureaucratique et de charges administratives liées à la construction de lieux de culte et d'écoles, de structures discriminatoires en matière de droit de la famille et d'éducation, voire d'atrocités de masse, de meurtres et de viols fondés sur la haine des convictions ou des religions des victimes». Aussi pour Mgr Auza, la protection du droit à la liberté de religion, de conscience et de conviction est donc «un premier pas essentiel» dans la lutte contre le terrorisme.

Égalité devant la loi 

Un deuxième point important consiste à «garantir l'égalité de tous les citoyens devant la loi, quelle que soit leur identité religieuse ou ethnique, en tant qu'exigence fondamentale de justice» a poursuivi Mgr Auza. Le diplomate du Saint-Siège a également plaidé pour «une séparation positive et respectueuse de la religion et de l'État», invitant par ailleurs «tous les dirigeants politiques, sociaux et religieux pour qu'ils condamnent l'utilisation de la religion pour inciter à la haine et à la violence ou pour justifier des actes d'oppression, d'exil, de meurtre ou de terrorisme». 

L'observateur permanent du Saint-Siège a aussi expliqué qu'une action efficace contre le terrorisme passait par le courage «d'appeler les choses par leur nom» regrettant pas exemple «de nouveaux euphémismes» qui ont pu être employés pour éviter de mentionner la nature spécifiquement anti-chrétienne de la violence, comme à Sri Lanka où les chrétiens ont été qualifiés d'«adorateurs de Pâques». 

Dialogue interculturel et éducation

Un véritable engagement en faveur du dialogue interculturel et interreligieux est nécessaire, a souligné Mgr Auza, rappelant que cela avait été formulé dans la déclaration d'Abu Dhabi signée le 4 février dernier par le Pape François et le grand imam d'Al Azhar. Le diplomate du Vatican a enfin souligné la nécessité d'une éducation efficace pour lutter contre la propagation des discours de haine qui peuvent déboucher sur la violence.

«On ne saurait trop insister sur l'importance de former la tête et le cœur, car une bonne éducation donne aux gens, en particulier aux jeunes, la capacité d'évaluer d'un œil critique les récits et les appels destructeurs des démagogues» a t-il conclu, soulignant que la lutte contre le terrorisme exigera «beaucoup de patience, de persévérance, de sagesse, de courage et de leadership». 

 

25 juin 2019, 11:53