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En Inde, les habitants d'un bidonville puisent de l'eau - région de Bhopal, mars 2018 En Inde, les habitants d'un bidonville puisent de l'eau - région de Bhopal, mars 2018  (AFP or licensors)

Dans le monde, 1 personne sur 3 ne dispose pas d’un accès sûr à l’eau potable

Le dernier rapport de l’UNICEF et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dresse un bilan de l’évolution du taux d’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires au niveau mondial depuis l’an 2000. Si des progrès ont été réalisés, les chiffres demeurent inquiétants et devraient inciter les États à redoubler d’efforts.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Des milliards de personnes continuent de souffrir de mauvaises conditions d’hygiène et d’accès à l’eau potable, comme le révèle ce rapport intitulé “Progrès concernant l’accès à l’eau potable, les installations sanitaires et l’hygiène, 2000-2017: focus spécial sur les inégalités”. Pour chaque aspect, l’UNICEF et l’OMS relèvent toutefois une évolution positive.

Ainsi, depuis 2000, 1,8 milliards de personnes ont obtenu un «accès aux services de base» pour l’eau potable, 2,1 milliards pour les installations sanitaires, et 3 milliards pour le lavage des mains. Par «services de base», les organisations onusiennes entendent le fait d’accéder en moins de trente minutes à une source d'eau protégée, d’utiliser des toilettes décentes qui ne soient pas partagées avec d’autres foyers, et de pouvoir se laver les mains à l’eau et au savon dans sa maison.

Mais ces chiffres encourageants ne sauraient masquer une réalité plus sombre.

Un accès à l’eau inégal

Concernant l’accès à l’eau potable, le rapport pointe de «grandes inégalités» concernant l’accessibilité et la qualité de ces services de base. 785 millions de personnes (soit 1 être humain sur 10) en seraient dépourvu, en comptant les 144 millions qui boivent de l’eau de surface non traitée. 8 personnes sur 10 vivant en zone rurale n’ont pas accès à ces services. Plus encore, 2,2 milliards de personnes (soit 1 sur 3) consomment l’eau venant de sources difficilement accessibles, ou pouvant être contaminées. Les inégalités sont très fortes entre les catégories de population les plus riches et les plus pauvres.  

L’insuffisance d’installations sanitaires

À propos des installations sanitaires, «en de nombreuses parties du globe les déchets produits ne sont pas gérés de façon sûre», explique le rapport. Cela concerne 4,2 milliards d’êtres humains, soit plus de la moitié de la population mondiale. Par ailleurs, 2 milliards de personnes manquent encore d’un accès à des installations de base, dont 7 sur 10 vivent en milieu rural et un tiers dans les pays les moins développés. 673 millions de personnes continuent de déféquer à l’air libre, un nombre en augmentation dans 39 pays du monde, en particulier en Afrique subsaharienne qui fait face à une hausse de la population ces dernières années. Au niveau mondial, cette pratique est néanmoins en baisse, étant passée de 21% à 9% au cours de la période étudiée.

L’eau, vecteur de maladies mortelles

Enfin, 3 milliards de personnes ne peuvent correctement se laver les mains chez elles en 2017. Trois quarts de la population des pays les moins développés n’ont pas accès aux services de base en la matière. Chaque année, l’issue est fatale pour 297 000 enfants de moins de 5 ans, qui meurent des suites de diarrhées. Une mauvaise hygiène et de l’eau contaminée sont aussi propices à la transmission de graves maladies telles que le choléra, la dysenterie, l’hépatite A et la fièvre typhoïde.

La nécessaire hausse des investissements publics

Comme le rappelle Maria Neira, directrice du département de Santé publique à l’OMS, «investir dans l’eau, les installations sanitaires et l’hygiène est rentable et bon pour la société à bien des égards. C’est un fondement essentiel pour une bonne santé». D’après elle, «les pays doivent doubler leurs efforts en matière d’installations sanitaires, ou bien nous ne parviendrons pas à un accès universel d’ici 2030». Pour Kelly Ann Naylor, directrice associée du département eau à l’UNICEF, «combler les écarts en matière d’accessibilité, de qualité et de viabilité pour l’eau, les installations sanitaires et l’hygiène devrait être au cœur des financements des gouvernements et des plans stratégiques. Fléchir sur des plans d’investissements pour une couverture universelle mine des décennies de progrès au dépens des générations à venir», avertit-elle. Elle attire notamment l’attention sur les populations les plus vulnérables: «les enfants et leurs familles dans des communautés pauvres et rurales».

 

18 juin 2019, 16:08