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2019.06.25 Ecole et lycée professeur Cheik Anta Diop PK5 Bangui 2019.06.25 Ecole et lycée professeur Cheik Anta Diop PK5 Bangui 

Le télé-enseignement au secours des écoles centrafricaines

Permettre aux élèves centrafricains de suivre des cours malgré le manque de professeurs, c’est l’objectif du télé-enseignement dont un essai est mené depuis l’année dans une école musulmane du PK5 à Bangui.

Xavier Sartre – Bangui, République centrafricaine

Les épreuves du baccalauréat se terminent en République centrafricaine. Rares sont les élèves qui ont eu l’opportunité de suivre tous les cours prévus dans leur cursus. Manque de professeurs, manque de moyens matériels, faiblesse du niveau de formation : les obstacles sont nombreux sur la route de l’obtention du diplôme qui doit leur ouvrir les portes de l’université.

Historiquement, la Centrafrique pâtit d’un retard dans l’enseignement par rapport à ses voisins, reconnait Romain Sopio, inspecteur général de l’Éducation nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le pays ne compte qu’une seule université, et pendant longtemps, les étudiants ont dû poursuivre leurs études à Brazzaville, au Congo.

Mais les faiblesses structurelles de l’ensemble du système scolaire se sont aggravées avec le conflit qui a déchiré le pays ces dernières années. Quand les écoles n’ont pas été détruites ou endommagées, elles manquent de matériel. Les maîtres et les professeurs n’ont souvent pas le niveau suffisant pour enseigner correctement. Les communications difficiles, l’instabilité de la situation sécuritaire, le manque de ressources du gouvernement ou des autorités locales ne font que retarder la reprise en main du secteur.

La diaspora au service de l’enseignement 

Dans ce contexte sombre, le télé-enseignement est une opportunité qu’a saisi le lycée Cheikh Anta Diop, une école musulmane, accueillant dans le quartier PK 5 de Bangui des élèves du primaire à la terminale. Son proviseur, Joseph Hilaire Anguimaté, a accueilli avec satisfaction une expérience inédite dans le pays. La société U-Hope, créée par Ulysse Baguida, un Centrafricain vivant en Belgique, propose de mettre en relation des écoles avec des professeurs issus de la diaspora centrafricaine via internet.

Concrètement, via une connexion internet par satellite, un professeur basé n’importe où dans le monde peut dispenser un cours à des élèves réunis dans une classe équipée d’un ordinateur et d’un rétroprojecteur. Son image apparait au mur, ainsi que celle d’une ardoise sur laquelle il écrit. Professeur et élèves peuvent interagir.

La difficulté, c’est d’assurer l’alimentation électrique de l’installation, d’où la nécessité de fournir l’établissement scolaire d’un groupe électrogène pour pallier les fréquentes coupures de courant dont est victime la capitale centrafricaine.

Cette initiative est promue par l’ACCM, l’association des cadres centrafricains musulmans qui y voit une solution à long terme pour les écoles du PK 5, enclavées et victimes collatérales de la précarité de la situation sécuritaire.

Les premiers essais ont été concluants et tous les partenaires du projet espèrent même qu’il sera pérennisé et étendu à tout le territoire et à toutes les écoles. 

Reportage dans une école à Bangui
25 juin 2019, 09:36