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Vatican News
ARGENTINA-US-ATTCKS Les derniers mois du mandat du président argentin sont marqués par un mécontement grandissant dans le pays.  

La santé inquiétante de l’Argentine

A quatre mois de l'élection présidentielle, le pays s’enfonce dans la crise économique et sociale. Un scénario de basculement vers la violence n’est pas à exclure selon certains analystes.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel-Cité du Vatican

L’Argentine va de plus en plus mal. Les derniers mois de mandat du président Mauricio Macri sont marqués par des tensions grandissantes et une colère des Argentins face à la dégradation de leurs conditions de vie.

En quatre ans, pas moins de cinq grèves générales ont eu lieu dans le pays, la dernière en date le 29 mai dernier, pour protester contre la hausse du coût de la vie et la dégradation des services publics. L’an dernier, le pays a obtenu une nouvelle aide du Fonds Monétaire International (FMI) de 57 milliards de dollars en échange d’un nouveau plan d’austérité.

Soupes populaires 

Le taux d’inflation ne cesse de galoper et atteint aujourd’hui près de 60%. Selon l'Université catholique argentine (UCA) qui publie des statistiques de référence, un tiers des 44 millions d'Argentins, vit désormais sous le seuil de pauvreté, dont 3 millions en très grande pauvreté.

Dans les rues de Buenos Aires ces dernières semaines, la distribution de repas gratuit s’est multipliée alors que l’hiver austral débute. Mgr Carlos Tissera, président, l’évêque de Quilmès, également le président de Caritas Argentine, se dit alarmé par l’appauvrissement de toute une classe moyenne d’Argentins.

Spirale infernale

Face à l’instabilité permanente du pays, le spectre de la crise de 2001 refait surface : le pays était alors en défaut de paiement et des émeutes avaient éclaté dans la rue face aux manques de liquidités.

Pourquoi l’Argentine ne parvient pas à sortir de cette spirale ? Quelles conséquences peut avoir cette crise sur l’avenir du pays ? Eclairage du sociologue Denis Merklen , spécialiste de l’Argentine et professeur à l’Université Sorbonne nouvelle.

Interview du sociologue Denis Merklen
24 juin 2019, 08:27