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Des Sud-Africains attendent de voter, dans le bidonville de Kwamashu, Durban - 8 mai 2019 Des Sud-Africains attendent de voter, dans le bidonville de Kwamashu, Durban - 8 mai 2019  (AFP or licensors)

Élections en Afrique du Sud: le paradoxe ANC

Élections générales en Afrique du sud ce mercredi. Près de 27 millions d'électeurs sont appelés à désigner les membres de l'Assemblée nationale et ceux des assemblées provinciales.

Hélène Destombes - Cité du Vatican

Le scrutin de ce 8 mai se tient 25 ans après la fin officielle du régime de l'apartheid. Le 27 avril 1994, des millions de Sud-Africains qui votaient pour la première fois élisaient Nelson Mandela. Son parti, l'ANC, le Congrès national africain est toujours au pouvoir, mais son aura s'est étiolée. 

La société sud-africaine reste aujourd’hui polarisée, d’importantes inégalités persistent dans le pays, en proie à la corruption, et miné par un chômage endémique. Une situation qu'a reconnue l'actuel chef de l'État Cyril Ramaposa qui a succédé en février 2018 à la tête du pays à Jacob Zuma, empêtré dans des scandales de corruption.

Deux principaux rivaux

Malgré ce sombre bilan l’ANC est donné largement favori, selon les derniers sondages, avec 50 à 61% des suffrages, loin devant ses rivaux. Le chef de l’Alliance démocratique (DA), principal parti de l’opposition, Mmusi Maimane, a appelé à «donner une chance au changement» lors de ces élections générales, mais DA n’est crédité que de 15 à 25% des intentions de vote.

Derrière lui, parmi la quarantaine de candidats en lice: Julius Malema des Combattants pour la liberté économique (EFF). Il a fondé ce parti en 2013 après avoir violemment claqué la porte de l'ANC dont il dirigeait la Ligue des jeunes. Rebelle et provocateur, il prône la «révolution» par l'expropriation sans indemnisation des terres toujours aux mains des Blancs. Son discours séduit les jeunes et les déçus de l'ANC. Son parti est crédité de 10 à 15% des intentions de vote. Les premiers résultats de ces élections sont attendus jeudi 9 mai.

Marianne Séverin spécialiste de l'Afrique du Sud, chercheuse au laboratoire de recherche Les Afriques dans le Monde (LAM), à l'Institut d'études politiques (IEP) de Bordeaux analyse cette popularité que conserve l’ANC, un paradoxe au regard de la situation dans le pays.

Entretien avec Marianne Séverin, chercheuse IEP Bordeaux
08 mai 2019, 07:42