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Mukarusagara Emerithe, une survivante du génocide, au village pour jeunes Agahozo-Shalom Youth Village (ASYV), construit pour aider les orphelins rwandais. Mukarusagara Emerithe, une survivante du génocide, au village pour jeunes Agahozo-Shalom Youth Village (ASYV), construit pour aider les orphelins rwandais.  

25 ans du génocide au Rwanda: le défi de la réconciliation

Le Rwanda commémore ce weekend les 25 ans du génocide des Tutsis. Du 7 avril au 17 juillet 1994, 800 000 Tutsis et Hutus “modérés” ont été massacrés par des extrémistes Hutus. Depuis, la société a appris à vivre avec ce drame. Mais est-elle pour autant réconciliée? Difficile d’y répondre.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Cette année, tout le Rwanda commémorera ce dimanche 7 avril le début du génocide. C’était il y a vingt-cinq ans, en 1994. La veille au soir, l’avion qui transportait les présidents du Rwanda et du Burundi était détruit par un missile dont l’origine est encore discutée. Cet assassinat donne le signal du massacre, largement évoqué dans les semaines précédentes par les extrémistes hutus.

L’accord de paix d’Arusha, signé en août 1993 entre les rebelles tutsis du Front Patriotique Rwandais (FPR) et les Hutus modérés avait en effet du mal à être appliqué. La tension n’a cessé de monter au point d’arriver à l’irréparable. Le président Juvénal Habyarimana assassiné le 6 avril, c’est au tour de la Première ministre Agathe Uwilingiyimana, autre Hutu modérée, d’être éliminée dans les premières heures du génocide.

Depuis, le FPR a pris le pouvoir, et le Rwanda est dirigé d’une main ferme par Paul Kagame depuis 2000. Pour rendre la justice, les nouvelles autorités se sont appuyées sur les gacacas, la justice villageoise traditionnelle pour juger les acteurs secondaires des tueries. Ces séances publiques un peu partout dans le pays ont permis de faire un travail de mémoire et d’établir les responsabilités des uns et des autres.

Aujourd’hui, la société rwandaise est jeune: 60 % de la population a moins de 25 ans et n’a donc pas connu le génocide. Mais cela n’est pas synonyme d’oubli ou de réconciliation entre les deux communautés tutsi et hutu. C’est ce que nous explique Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir. Elle était au Rwanda au début du génocide. Elle est ensuite revenue à plusieurs reprises dans le pays qu’elle connaît bien.

Entretien avec Colette Braeckman, journaliste

 

05 avril 2019, 08:00