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Une ressortissante des Maldives résidant au Sri Lanka vote  ce samedi 6 avril pour les élections législatives Une ressortissante des Maldives résidant au Sri Lanka vote ce samedi 6 avril pour les élections législatives  

Législatives aux Maldives : le président espère une majorité

C’est un pays connu pour ses plages, mais pas pour sa stabilité politique. Aux Maldives, les élections législatives de ce samedi 6 avril seront déterminantes. Elles pourraient permettre au président élu en septembre dernier contre toute attente, de renforcer sa légitimité et de restaurer l’image du pays, écornée par le mandat autoritaire de son prédécesseur.

Entretien réalisé par Marie Duhamel - Cité du Vatican

Dans cet archipel de l’Océan indien, 260 000 électeurs sont appelés à élire leurs représentants au parlement, une assemblée de 87 députés.

Six mois après sa victoire inattendue lors de la présidentielle, l’ancien opposant inconnu du grand public Ibrahim Mohammed Solih, 54 ans, espère obtenir une majorité au moins relative pour garantir une stabilité politique au pays et rétablir un climat plus serein dans l’archipel. 

Redorer l'image du pays

Ce n’est pas gagné d’avance, car un des trois partis arrivés au pouvoir avec sa formation politique, le MDP, le 17 novembre dernier semble avoir pris ses distances de la coalition. Le Jumhooree Party a en effet refusé de voter en faveur de l’ouverture d’enquêtes sur des cas de corruption ou de détournement de fonds concernant l’ancien président Abdulla Yameen, connu pour avoir réprimé ses adversaires et fait sortir l’archipel du Commonwealth au profit d’un rapprochement spectaculaire avec la Chine.

Le leader incontesté des Maldives de 2013 à 2018 est soupçonné d’avoir placé à l’étranger des millions de dollars -venant entre autres du tourisme- lors de son quinquennat. Fin février, il a été placé en détention pendant un mois par la police, puis relâché à 7 jours des législatives. Il dément les accusations portées à son encontre. Ses comptes bancaires auraient été gelés et les membres de son parti, le Progressive party of Maldives (PPM), affirment ne pas avoir pu faire campagne normalement. 

Accès à l'eau douce dans tous les atolls

Lors de ces deux mois de débats et meetings, la formation politique d’Abdulla Yameen a insisté sur des thématiques nationalistes, attisant le courant islamo-conservateur de ce pays à 98,5% musulmans, comme il l’avait déjà fait lors de la campagne pour la présidentielle. 

Pourtant allié au gouvernement actuel, le Jumhooree party lui a emboîté le pas. Son porte-parole a accusé le président Solih de vouloir séculariser les Maldives ou de vouloir y construire des églises et des temples. L’ONG protestante Portes ouvertes souligne qu’il n’existe aucun lieu de culte chrétien dans l’archipel où il est formellement interdit d’importer des Bibles ou de la littérature chrétienne. 

Cependant, les questions concernant la religion ou l’identité nationale n’ont pas été au cœur des débats. Il s’agit avant tout d’un scrutin local, avec des problématiques «terre à terre» comme l’accès à l’eau douce ou à l’électricité pour l’ensemble des 340 000 habitants des 26 atolls du pays, rappelle Olivier Guillard, chercheur à l’Iris. 

Signe positif avant l’élection de ce samedi, la campagne électorale s’est déroulée sans violence, ni manifestation pour la première fois depuis l’avènement de la démocratie dans le pays en 2008.

Entretien avec Olivier Guillard, chercheur à l'Iris
06 avril 2019, 08:33