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Le président iranien Hassan Rohani, ici lors d'une réunion à Téhéran le 14 juillet 2018. Le président iranien Hassan Rohani, ici lors d'une réunion à Téhéran le 14 juillet 2018. 

Les États-Unis veulent isoler un peu plus l’Iran sur la scène internationale

Depuis l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche, Washington ne cesse de durcir ses sanctions envers Téhéran, responsable selon elle de la déstabilisation régionale au Proche et Moyen-Orient. Un calcul stratégique risqué.

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

Les États-Unis accentuent encore leur pression sur l’Iran. C’est le 2 mai que la dérogation accordée par Washington à certains pays pour acheter du pétrole iranien doit expirer. Déjà sorti de l’accord sur le nucléaire signé en 2015, l’administration Trump rappelle avec ces nouvelles sanctions économiques combien Téhéran est son ennemi juré, tout comme il l'est pour l’Arabie Saoudite ou Israël. L'intensification des sanctions américaines contre le pétrole iranien ne restera pas «sans réponse», a prévenu mercredi dernier le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Le pays, qui souffrait déjà depuis le mois de novembre dernier de l’embargo pétrolier imposé par Washington doit par ailleurs faire face à une grave crise économique et sociale et un mécontentement grandissant de la population. L’Iran devrait pour la deuxième année consécutive être en récession. Une situation qui inquiète notamment le Fonds Monétaire International (FMI) qui relève que les sanctions américaines visant Téhéran conjuguées à la volatilité des prix du pétrole risquent de peser sur toute la croissance des économies de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Vers un effondrement du régime ?

Cette volonté d’isoler l’Iran de la part des Etats-Unis n’est pas qu’économique : depuis le 15 avril, les "gardiens de la révolution", le pilier idéologique du régime des mollahs ont officiellement été inscrits par Washington sur leur liste noire des «organisations terroristes étrangères». Un geste immédiatement salué par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Au sein de l’administration Trump, certains, comme le conseiller spécial à la sécurité John Bolton ne font pas mystère de leur volonté de voir s’effondrer le régime. Devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères, début avril, la question du déclenchement d’une guerre américaine contre les Iraniens a même été posée, rappelant le vote au Congrès après le 11 septembre 2001 pour aller frapper l’Afghanistan. Le Secrétaire d’État Mike Pompeo a néanmoins démenti tout bruit de botte américain à venir dans la région.

Comment ces nouvelles sanctions sont-elles vues par les Iraniens ? L’éclairage de Vincent Eiffling, chercheur spécialiste de l’Iran à l’université catholique de Louvain

Entretien avec Vincent Eiffling
30 avril 2019, 12:30