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Une policière déposant des fleurs sur le lieu de l'assassinat de Lyra McKee, le 19 avril 2019 à Derry. Une policière déposant des fleurs sur le lieu de l'assassinat de Lyra McKee, le 19 avril 2019 à Derry.  (ANSA)

Consternation en Irlande du Nord après l’assassinat d’une journaliste

La mort d’une journaliste dans la nuit de jeudi à vendredi en marge d’affrontement armés à Derry suscite l’inquiétude quant au processus de paix en Irlande du Nord.

Cyprien Viet - Cité du Vatican

Alors que le Vendredi Saint est associé à la paix, puisque c’est lors du Vendredi Saint 1998 que furent signés les accords mettant fin à 30 ans de guerre civile, les Nord-Irlandais se sont réveillés ce matin avec «une atmosphère de tristesse flottant sur la ville» de Derry, selon les mots de l’évêque local, Mgr Donal McKeown. Dans la nuit de jeudi à vendredi en effet, de violents affrontements ont eu lieu dans un quartier de cette ville aussi appelée Londonderry, dans lequel une opération policière a dégénéré en affrontements armés qui ont provoqué la mort de la journaliste Lya McKee. Le groupe Saoradh, un groupuscule républicain fondé en 2016, a revendiqué les tirs, tout en regrettant la mort de cette journaliste de 29 ans, présentée comme une victime collatérale. Elle aurait été abattue sous les tirs d’un homme cagoulé, selon une autre journaliste, témoin de la scène.

Mgr McKeown a présenté ses condoléances à la famille de Lya McKee, une journaliste catholique, qui était revenue vers l’Église après une période de distance liée à son homosexualité. Elle était connue et appréciée pour son travail sur l’histoire du conflit nord-irlandais, et s’apprêtait à publier un livre sur la disparition non-élucidée de deux adolescents à Belfast en 1974. Elle avait aussi beaucoup travaillé sur l'augmentation inquiétante des suicides de jeunes, qui auraient doublé en Irlande du Nord entre les années 1990 et les années 2010.

Rejeter toute violence, le message du Vendredi Saint

L’évêque de Derry appelle avec insistance toutes les parties à rejeter la violence. «Vous ne pouvez pas proclamer aimer votre pays et, en même temps, causer de la mort et de la douleur parmi les gens qui habitent ici. Tous ceux qui habitent ici méritent d’être également chéris. Cet esprit de rassemblement contre la violence nous a fait faire un long chemin dans les 20 dernières années. Cela va continuer aujourd’hui pour nous qui croyons que le message original du Vendredi Saint est que l’amour est plus fort que la haine», conclut l’évêque nord-irlandais.

Depuis près de trois ans, certains observateurs craignent une reprise des violences en Irlande du Nord. Son fragile équilibre politique risque en effet de voler en éclat en raison de la grande confusion qui règne autour du Brexit et, par ricochet, du possible rétablissement d’une frontière entre la République d’Irlande, toujours membre de l’Union européenne, et la province d’Irlande du Nord, censée en sortir avec le reste du Royaume-Uni. En janvier dernier, l’explosion d’une voiture piégée à Derry, qui n’avait pas fait de victimes, avait déjà suscité la crainte d’une reprise des violences. Suite aux évènements de la nuit dernière, les principales forces politiques du pays ont toutefois réaffirmé à poursuivre leurs efforts pour garantir la paix et mener leur action dans une sphère strictement légale et démocratique. C’est donc sur des groupuscules dissidents que se concentrent les inquiétudes.

19 avril 2019, 17:33