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TOPSHOT-SYRIA-CONFLICT-IS Une femme blessée et ses quatre enfants, évacués de l'organisation de l'Etat Islamique, à Baghouz en Syrie le 7 mars 2019.   (AFP or licensors)

Mgr Gollnisch: de nombreuses questions restent ouvertes sur l’avenir de la Syrie

L’offensive sur le village de Baghouz, dernier bastion de l’État islamique en Syrie, se poursuit; mais la fin de la domination territoriale de Daech ne signifie pas pour autant sa disparition. Et de nombreuses questions restent ouvertes sur le futur du pays. L’analyse de Mgr Pascal Gollnisch.

Entretien réalisé par Manuella Affejee - Cité du Vatican

Le minuscule réduit de Baghouz se vide peu à peu de ses habitants, essentiellement des familles de jihadistes, guère enclines à reconnaitre une défaite pourtant inéluctable. De l’avis de plusieurs chefs militaires occidentaux, ce noyau dur des partisans du califat moribond demeure «résolu et radicalisé», donc, potentiellement dangereux.

Daech, Mésopotamie syrienne et embargo 

De fait, la perte de son assise territoriale signe le retour de Daech à la clandestinité et promet «de nouvelles formes de combat»: c’est ce que pressent Mgr Pascal Gollnisch. Le directeur de l’Œuvre d’Orient revient d’un voyage de 10 jours dans le pays, avec des étapes à Damas, Homs, Alep, Palmyre ou Maaloula. Bien qu’il ait constaté une certaine accalmie dans les zones contrôlées par le régime de Damas, Mgr Gollnisch confirme qu’ailleurs la guerre est loin d’être terminée et que de nombreuses questions restent encore sans réponses: quid du futur de la Mésopotamie syrienne et de la diversité de sa population ? Pourquoi ce silence de la communauté internationale face à la présence de l’armée turque sur le territoire syrien ? Comment expliquer enfin cet embargo pratiqué par les occidentaux sur la Syrie, au détriment d’une population brisée par 8 années de guerre ?

La question des réfugiés

La question des réfugiés reste, quant à elle, nodale. Ces millions de Syriens qui ont fui à l’étranger présentent des réalités diverses, relève Mgr Gollnisch. Il y a d’abord ceux partis dans des pays occidentaux, -Canada ou Australie-, et peu susceptibles de vouloir revenir ; il y a ensuite tous ceux qui se sont réfugiés au Liban, en Jordanie ou en Turquie «et qui n’ont pas vocation à rester» dans ces pays. Mais comment envisager un retour dans des villes et des villages complètement détruits ?

Le directeur de l’Œuvre d’Orient se réjouit en revanche des «signes d’espérance» donnés par les communautés chrétiennes sur place, prêtes à «se retrousser les manches» et à relever la tête.

Interview de Mgr Pascal Gollnisch
11 mars 2019, 06:59