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Vatican News
Une escorte de soldats philippins durant une procession funéraire  après l'attentat contre la cathédrale de Jolo, le 27 janvier 2019. Une escorte de soldats philippins durant une procession funéraire après l'attentat contre la cathédrale de Jolo, le 27 janvier 2019.   (AFP or licensors)

Aux Philippines, le processus de paix est fragilisé

Alors que les Philippines sont endeuillées après deux attaques contre des édifices religieux, le processus de paix pour mettre fin à des décennies d’insurrection est affaibli. Le Père Bernard Holzer appelle à ne pas se laisser contaminer par la haine.

Après deux attaques en une semaine aux Philippines, le processus de paix parait plus que jamais fragilisé. Dimanche 27 janvier, 18 personnes ont péri dans un double attentat contre la cathédrale de Jolo, une île du sud des Philippines. L’attaque, revendiquée par l’organisation de l’Etat islamique, a eu lieu lors de la messe. Trois jours plus tard, c’est une mosquée de Mindanao qui a été visée par une attaque à la grenade, faisant deux morts. 

Ces attentats interviennent quelques jours après l’annonce des résultats du référendum du 21 janvier: un vote historique où les Philippins ont voté pour la création dans le sud de l’archipel de la région autonome Bangsamoro, dans le cadre d’un processus de paix avec l’insurrection musulmane.  

Le père Bernard Holzer, assomptionniste, en mission depuis 13 ans aux Philippines, invite la population «à ne pas se laisser contaminer par la violence et par la haine». En effet, le climat est particulièrement tendu sur  Jolo. L' île demeure un bastion du mouvement islamiste Abou Sayyaf dont certains combattants se revendiquent de l’organisation de l’Etat Islamique.

Un groupe refusant le processus de paix 

Spécialisé dans les enlèvements crapuleux, Abou Sayyaf est aussi accusé des pires attentats dans l'archipel, en particulier celui contre un ferry qui avait fait plus de 100 morts en 2004. Le mouvement islamiste n’est pas inclus dans le processus de paix débuté dans les années 90, pour mettre fin à près de 50 ans de guerre. Des musulmans avaient pris les armes dans les années 1970 pour réclamer l'autonomie ou l'indépendance du sud des Philippines qu'ils considèrent comme leur terre ancestrale. Cette insurrection a fait 150 000 morts.

Le défi de la paix et de la cohabitation est encore grand estime le père Bernard Holzer, «ces attentats mettent en cause tout le processus de paix et interviennent dans un moment où les gens sont fatigués».

Importance du dialogue interreligieux

Ainsi, le père Holzer appelle tout un chacun à réaliser des efforts dans son quotidien pour favoriser le dialogue interreligieux, clé de voûte de la paix, «c’est un travail d’éducation à long terme, dans une région où précisément l’éducation est faible», insiste-t-il.

Dimanche 27 janvier, au terme de la prière de l’Angélus, le Pape François a exprimé ses condoléances pour les victimes de l'attentat de la cathédrale de Jolo: «Je rappelle ma plus ferme réprobation pour cet épisode de violence, qui apporte de nouveaux deuils dans cette communauté chrétienne, et j’élève mes prières pour les défunts et pour les blessés».

01 février 2019, 16:12