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Vatican News
Des supporters d'Atiku Abubakar, rival et opposant au président sortant, à Loagos, le 12 février. Des supporters d'Atiku Abubakar, rival et opposant au président sortant, à Loagos, le 12 février.   (AFP or licensors)

Duel serré en vue au Nigeria

Samedi 16 février, au cours d’élections générales, les Nigérians voteront pour leur futur président. 72 candidats sont en lice, mais tout devrait se jouer entre Muhammadu Buhari, le président sortant, et son rival de l’opposition Atiku Abubakar.

Entretien réalisé par Manuella Affejee- Cité du Vatican


Les meetings que mènent tambour battant les deux principaux candidats à travers le pays battent des records de participation et drainent des milliers de participants. Difficile pour autant de parler d’un enthousiasme sincère des Nigérians: Muhammadu Buhari et Atiku Abubakar sont des «vieux routiers» de la vie politique, ils en occupent la scène depuis 30 ans, en connaissent toutes les arcanes et s’avèrent peu susceptibles d’incarner une quelconque promesse de changement.

Le bilan en demi-teinte de Buhari

Buhari l’avait pourtant symbolisée en 2015. Succédant au très décrié Goodluck Jonathan, l’ancien général jurait solennellement de s’attaquer à la corruption, de mener une lutte sans merci contre Boko Haram, faisant valoir sa réputation d’intégrité et son indéniable expérience militaire. Quatre ans après, la déception est manifeste. L’arrivée de Buhari au pouvoir a coïncidé avec une récession économique dont le Nigéria peine à sortir. Sur le plan sécuritaire, la capacité de nuisance de Boko Haram, quoiqu’amoindrie, reste un défi de taille pour le pays; quant à la guerre lancée contre la corruption, elle n’a donné aucun résultat probant. Grevé d’un bilan plus que mitigé, souvent malade et absent, Muhammadu Buhari ne semble guère considéré par ses compatriotes, excepté dans le nord, sa région d’origine.

Un duel serré

En face de lui, Atiku Abubakar, candidat du People’s Democratic Party (PDP), le principal parti d’opposition; sous des dehors jovial, l’ancien vice-président et multimillionnaire traine une réputation tenace d’homme corrompu. Libéral, il mise tout sur son programme économique et s’engage à remettre le pays sur les rails.
L’affrontement s’annonce serré entre les deux hommes; aussi, deux éléments s’avèreront-ils déterminants : le taux de participation et le choix des colistiers, -Yemi Osinbajo pour Buhari et Peter Obi pour Abubakar-, plus jeunes et plus à même d’incarner un espoir de réforme pour le pays.

Entretien avec Marc-Antoine Pérouse de Monclos
14 février 2019, 08:36