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Vatican News
Une manifestations d'habitants du Cashemire pakistanais contre le gouvernement indien, le 27 février 2019. Une manifestations d'habitants du Cashemire pakistanais contre le gouvernement indien, le 27 février 2019.   (ANSA)

Regain de tension dans la région du Cachemire

Aux confins de l'Inde, du Pakistan et de la Chine, la région du Cachemire est une nouvelle fois au bord de l'embrasement. Mercredi 27 février, l'Inde et le Pakistan affirmaient chacun avoir abattu des avions ennemis. La poussée de fièvre débutée mardi alarme la communauté internationale qui redoute un conflit ouvert entre les deux frères ennemis d'Asie du Sud.

Marine Henriot - Cité du Vatican

C’est une région disputée par l’Inde et le Pakistan depuis 1947 et la partition de l’empire britannique des Indes. La première indo-pakistanaise date de 1948, et depuis 1989, le Cachemire connaît une insurrection armée qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.

Trois ans après l’embrasement du cachemire indien, une nouvelle menace d’affrontement saisit cette région aux confins de l’Asie du Sud. Le 14 février, un groupe islamiste insurgé, le Jaish-e-mohammed, basé au Pakistan commettait un attentat suicide dans le cachemire indien, qui a tué au moins 40 paramilitaires indiens.

«Droit de répondre de façon adéquate» 

La réplique de l’Inde ne s’est pas faite attendre, elle a mené ce mardi 26 février une frappe dite «préventive», sur un camp de Jaish-e-mohammed (JeM), qui a tué «un très grand nombre» de membres du groupe islamiste. Islamabad dénonce alors une violation de la frontière de facto. L’Inde parle elle d’une frappe visant un groupe islamiste et non l’Etat pakistanais. Selon les autorités indiennes, le JeM, l'un des groupes armés les plus actifs contre New Delhi dans la rébellion séparatiste au Cachemire, préparait de nouveaux attentats suicide en Inde. «L'Inde a commis une violation du cessez-le-feu et nous nous réservons le droit de répondre de façon adéquate», a dénoncé le ministre des Affaires étrangères pakistanais Shah Mehmood Qureshi.

La communauté internationale redoute une escalade entre les deux voisins et rivaux, tous deux dotés de l'arme nucléaire et qui se sont livrés plusieurs guerres dans le passé, notamment au sujet de la région poudrière du Cachemire que tous deux revendiquent. Ce mardi, la Chine appelait les deux pays «à la retenue». 

Ce mercredi la tension est encore montée d'un cran mercredi entre l'Inde et le Pakistan qui ont chacun affirmé avoir abattu des avions ennemis, les deux puissances nucléaires répétant toutefois vouloir éviter «l'escalade».

Va-t-on vers un nouvel embrasement dans le Cachemire ? Pour Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS, la situation est pour le moins confuse car les deux pays ont chacun une grille de lecture différente des événements.

Interview de Jean-Luc Racine
27 février 2019, 11:34