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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président tchadien Idriss Deby, à N'Djaména, au Tchad, le 20 janvier 2019. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président tchadien Idriss Deby, à N'Djaména, au Tchad, le 20 janvier 2019.   (Government Press Office)

Israël renforce ses liens avec le continent africain

Le Togo, le Rwanda, plus récemment le Tchad. Israël se réimplante sur le continent africain, à l’heure où le conflit israélo-palestinien n’est plus un frein au commerce.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé ce dimanche la reprise des relations diplomatiques entre son pays et le Tchad, un pays africain à majorité musulmane, lors de sa visite à N'Djaména, a indiqué son bureau à Jérusalem. Un processus de réconciliation entamé des mois auparavant. Dimanche 25 novembre, le président tchadien Idriss Deby Itno se rendait en Israël, après plus de quarante ans de rupture diplomatique entre les deux pays. Le président tchadien y a rencontré Benjamin Netanyahu lors d'une visite qualifiée «d’historique» par le Premier ministre israélien. Selon le bureau du Premier ministre, les relations entre Israël et le Tchad étaient rompues depuis 1972. Une preuve de plus de la volonté d’Israël de renforcer ses relations avec le continent africain. Lors d’une tournée fin 2016 au sud du Sahara, Benjamin Netanyahou affichait clairement ses ambitions: «Israël est de retour en Afrique, l’Afrique revient en Israël.»

Ce retour sur le continent africain, Israël l’effectue notamment par la porte de la sécurité. «Depuis la révolution arabe en 2011 et l’insécurité permanente qui règne notamment en Libye mais aussi dans les pays voisins comme le Tchad et le Niger, les états africains se sont tournés vers Israël pour lui apporter une solution notamment dans le domaine sécuritaire», explique Alhadji Bouba Nouhou, enseignant à l’université Bordeaux Montaigne, auteur du livre “Israël et l'Afrique -Une relation mouvementée” paru aux éditions Karthala en 2003. «Le marché est considérable» avance le chercheur, les accords d’armements d’Israël avec différents pays africains dépassent les 100 millions de dollars par an.

Aide au développement 

Une autre porte d’entrée pour Israël sur le continent africain est l’aide au développement. Le pays exporte depuis plusieurs décennies ses savoir-faire en matière agricole. «Israël revient sur ses bases arrières, ses relations avec l’Afrique avaient commencé par l’aide au développement», détaille Alhadji Bouba Nouhou. Dernière action en date, le programme “JDC”  lancé en octobre en Ethiopie avec l’American Joint Distribution Committee: 5 000 agriculteurs éthiopiens vont participer à un nouveau programme de prêt et d’éducation agricole pour un coût de 14 millions de dollars. Au coeur de l’initiative, une formation sur une méthode israélienne : l’irrigation au goutte-à-goutte.

Aujourd’hui, le conflit israélo-palestinien n’est plus un frein au business entre Israël et les pays africains. Les intérêts des Etats priment sur la cause palestinienne. L’Afrique du Sud, qui était un soutien inconditionnel de la Palestine est ainsi devenu un des premiers partenaires économiques d’Israël. D’autres pays comme l’Angola et plus récemment le Tchad, qui fait pourtant parti de l’Organisation de la Coopération Islamique qui défend les Palestiniens, choisissent ainsi de travailler avec Israël.

Interview d'Alhadji Bouba Nouhou
21 janvier 2019, 08:43