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Vatican News
Le leader de la révolution Houthi Mohammed Ali al-Houthi, le 24 novembre 2018, à Sanaa au Yémen. Le leader de la révolution Houthi Mohammed Ali al-Houthi, le 24 novembre 2018, à Sanaa au Yémen.   (ANSA)

Au Yémen, un fragile espoir de paix

De nouvelles négociations pour la paix au Yémen commenceront ces prochains jours en Suède, sous l’égide de l’ONU. L’enjeu de ces pourparlers: mettre fin à près de quatre années de guerre qui ont décimé la population et précarisé la situation politique.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

La route semble encore longue avant que le Yémen ne retrouve une stabilité politique et un climat de paix. Depuis mars 2015, les combats ont déjà fait plus de 10 000 morts et 56 000 blessés, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Ce mercredi 5 décembre, la délégation gouvernementale a quitté Ryad au petit matin en direction de la Suède, le délégation rebelle est, elle, déjà sur place, la date officielle de début des pourparlers n’est encore pas annoncée.

Sur le terrain, les forces progouvernementales sont soutenues militairement par l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unies. Ils s’opposent aux rebelles houthistes, appuyés par l’Iran. Des délégations de chaque se sont toutefois mises d’accord pour engager des consultations en Suède. 

Affaire Khasoggi

Ces dernières semaines, un évènement majeur a pesé dans le conflit : le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat américain à Istanbul, la capitale turque. Mais malgré les pressions de la communauté internationale, l’Arabie Saoudite conserve une certaine liberté d’action sur le terrain yéménite. Les négociations permettront peut-être d’améliorer la situation humanitaire du pays, où 85 000 enfants seraient morts de faim ou de maladie depuis mars 2015. Le principal enjeu est le contrôle du port d’Hodeïda, au mains des houthistes depuis juin dernier. La ville est le principal lieu d’acheminement de l’aide humanitaire dans ce pays fragmenté.

Pour Franck Mermier, directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Yémen, ces négociations sont à aborder avec un optimisme prudent. 

Interview de Franck Mermier
05 décembre 2018, 09:38