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Vatican News
Devant le Parlement à Canberra en Australie, des manifestants demandent à ce que les enfants détenus à Nauru soient éligible à l'asile, le 27 novembre 2018. Devant le Parlement à Canberra en Australie, des manifestants demandent à ce que les enfants détenus à Nauru soient éligible à l'asile, le 27 novembre 2018.   (ANSA)

L'ONU s'inquiète des conditions de vie des migrants sur l'Ile de Nauru

Le gouvernement australien essuie les critiques de l’ONU et de médecins australiens pour le traitement qu’il réserve aux réfugiés sur les îles de Nauru et Manus, deux territoires au large de l’Australie qui abritent des camps de migrants.

Cette fois-ci, c’est le HCR (le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) qui accuse les bureaucrates et les politiques australiens de ne pas tenir compte des avis des médecins et de mettre ainsi en danger la vie des migrants dans les camps de Nauru et Manus.

Catherine Stubberfield, la porte-parole du HCR, dans un communiqué, estime que la stratégie du gouvernement australien a «toujours été vendue de manière trop simpliste, en des termes politiques  cyniques». En changer relèverait «de la décence et du traitement élémentaires des êtres humains». Des milliers de médecins d’Australie et de Nouvelle Guinée se sont joint  aux critiques onusiennes. Le Royal Australasian College of Physicians (RACP) affirme que l’accès aux soins pour les migrants «doit être déterminé par un médecin, pas par un politicien».

Fin novembre, l’Eglise en Australie dénonçait elle aussi les conditions de vie des enfants à Nauru, offrant son plein appui à la campagne «Les enfants hors de Nauru» promue par World Vision Australia. Les jeunes retenus à Nauru «ont été traumatisés, arrachés à leurs maisons et protagonistes de voyages risqués. Nous ne pouvons être une nation qui augmente leur traumatisme, qui s’éloigne ou demeure indifférente. Il est temps maintenant de porter ces enfants et leurs familles en sûreté en Australie», avaient alors déclaré les évêques.

Politique zéro immigration  

Depuis 2013, l’Australie applique une stricte politique anti-migrants. Canberra refoule en mer tous les bateaux de clandestins, ceux qui passent entre les mailles du filet sont envoyés dans des camps sur l'île de Nauru ou celle de Manus. Nauru, territoire d’environ 20 km2 abrite 160 migrants dans des conditions de vies dramatiques, dénoncées par de nombreuses ONG. Les détenus développent des problèmes psychologiques tels que la dépression, les tentatives de suicide sont légion et n’épargnent pas les enfants. Selon Médecins Sans Frontières, à Nauru une personne sur trois a déjà fait une tentative de suicide. Par ailleurs des dizaines de migrants souffrent du syndrome de résignation, ces personnes se referment sur elles-mêmes, dans un état d’apathie quasi totale.

Dissuader la traversée

Le gouvernement australien estime, lui, qu’il sauve des vies avec une telle politique, en dissuadant les migrants d’entreprendre le voyage vers l’Australie. Les chiffres lui donnent raison: les arrivées de bateaux de migrants, originaires en majorité d’Afghanistan, du Sri Lanka et du Moyen-Orient qui étaient quotidiennes il y a quelques années sont aujourd’hui rarissimes. Mais l'Île de Nauru pourrait être l’épine dans le pied du Premier ministre Scott Morrisson, si cette politique plaît à son électorat conservateur, il pourrait être obligé d’élargir sa base pour remporter les prochaines législatives en mai. 

03 décembre 2018, 12:44