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A Venise, le phénomène de l'acqua alta est courant de novembre à mars A Venise, le phénomène de l'acqua alta est courant de novembre à mars  (ANSA)

Acqua alta: «Venise a besoin de lenteur »

Après une montée des eaux exceptionnellement haute qui a inondé la Lagune vénitienne en octobre dernier, certains interrogent les moyens engagés pour épargner au mieux Venise des risques climatiques.

Entretien réalisé par Delphine Allaire - Cité du Vatican 

La place Saint-Marc submergée. Les images, spectaculaires,  font le tour du monde. Le 29 octobre dernier, l'acqua alta a été particulièrement élevée atteignant 156 centimètres, un niveau qui n'a plus permis aux digues érigées pour assurer la circulation des passants de garantir leur sécurité.

La basilique Saint-Marc s’est ainsi retrouvée inondée pendant plus de seize heures d’affilée. Selon des experts de la surintendance veillant au grain sur le patrimoine architectural vénitien, l’église «a vieilli de vingt ans» en 24 heures. La réparation des dégâts a été estimée à 2,7 millions d’euros «en ce qui concerne les travaux les plus urgents», évalue le procurateur de la Basilique, Carlo Alberto Tesserin. 

Le pharaonique projet financier Mose, du nom de Moïse en italien, engagé par l'État italien pour protéger la lagune de ces conditions climatiques extrêmes est à la peine, entre retards techniques et corruption, rappelle Jérôme-François Zieseniss, président du Comité français pour la sauvegarde de Venise. 

Ce fin connaisseur de l'ancienne capitale des Doges espère toutefois que l'ingénierie italienne, «une des meilleures au monde» aura raison de ces ralentissements. «À Venise, le temps s'écoule autrement, la ville a besoin de lenteur», glisse-t-il, dressant toutefois un constat alarmant sur les risques liés au climat et au tourisme de masse.

Entretien avec Jérôme-François Zieseniss
20 novembre 2018, 07:04