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Vatican News
A Yaoundé, le 6 novembre 2018 A Yaoundé, le 6 novembre 2018  (AFP or licensors)

Libération des 79 élèves enlevés dans une école du Cameroun

Au Cameroun, les 79 élèves enlevés lundi à Bamenda ont été libérés. On reste encore sans nouvelles des trois adultes enlevés avec eux. Cette libération intervient au lendemain de la prestation de serment du président Paul Biya. Âgé de 85 ans, le chef d’État camerounais a entamé son 7e mandat, après 36 années déjà passées au pouvoir.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Les soixante-dix-neuf enfants enlevés lundi dans une école presbytérienne de Bamenda, chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun, ont été libérés. C’est ce qu’a annoncé mercredi Issa Bakary Tchiroma, ministre camerounais de la Communication. Ce dernier n'a pas précisé les conditions dans lesquelles la libération avait été obtenue.

Les enfants avaient été enlevés dans la nuit de dimanche à lundi avec trois membres de l'encadrement de l'établissement. Des hommes armés non identifiés avaient alors  pris d'assaut l’établissement qui se trouve sur les hauteurs de la ville. «Je ne sais pas encore ce qu'il en est pour les trois encadreurs», a indiqué le ministre de la Communication.

Un mouvement séparatiste virulent dans le pays

C'était la première fois qu'un tel enlèvement de masse se produisait au Cameroun. Aucune revendication dans ce rapt mystérieux, mais pour le porte-parole du gouvernement, les responsables sont les séparatistes ambazoniens. Une vidéo circulant sur Internet va dans ce sens : on y voit onze adolescents de l’école de Bamenda. Tous répètent avoir été enlevés par les " Amba boys ", les séparatistes anglophones. «Nous allons ouvrir nos propres écoles ici», indique un homme filmant la scène. Il ajoute : «Nous allons rester ensemble et combattre pour l'Ambazonie». L’Ambazonie est l’État que voudraient créer les séparatistes. Leurs revendications sont apparues fin 2016 au Cameroun, dans les deux régions anglophones, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest du pays. Depuis plusieurs mois, des  affrontements entre armée et séparatistes, regroupés en groupes épars dans la forêt équatoriale, se  produisent quasiment tous les jours. Les séparatistes ont aussi décrété un boycottage des établissements scolaires : d’après eux, le système scolaire francophone marginalise les étudiants anglophones.

Paul Biya souhaite agir contre les sécessionnistes

Lors de son discours d'investiture prononcé mardi, le président du Cameroun a assuré qu'une solution va être trouvée lors de son 7e mandat de sept ans. «J’ai l’intime conviction que l’écrasante majorité de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest aspirent à retourner rapidement à la paix au sein de la communauté nationale. Malheureusement, nombre d’entre eux, en raison de la menace que les sécessionnistes continuent de faire peser sur cette partie de notre pays, n’ont pu exercer leur droit de vote à la récente élection présidentielle. A ces entrepreneurs de guerre, qui mettent à mal notre unité nationale et prônent la sécession, il faut qu’ils sachent qu’ils se heurteront non seulement à la rigueur de la loi, mais aussi à la détermination de nos forces de défense et de sécurité. Je leur lance un appel à déposer les armes et à retrouver le droit chemin. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le destin de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’inscrit dans le cadre de notre République», a déclaré Paul Biya.

Avec AFP

07 novembre 2018, 09:52