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Vatican News
Muhammadu Buhari, président sortant du Nigeria, à Paris pour les commémorations du 11 novembre 1918. Muhammadu Buhari, président sortant du Nigeria, à Paris pour les commémorations du 11 novembre 1918.  

Duel entre deux septuagénaires pour diriger le Nigeria

Au Nigeria s’ouvre ce dimanche 18 novembre la campagne électorale en vue des élections générales de février 2019. Les électeurs du pays le plus peuplé du continent avec plus de 190 millions d’habitants doivent élire leurs députés, gouverneurs, ainsi que leur président.

Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

Lors de la présidentielle de février, les électeurs nigérians devront choisir entre une des plus grandes fortunes du pays, réputée corrompue, et un général au bilan maussade, et à la santé fragile.

Ancien membre du parti au pouvoir avant de le quitter dans la perspective, peut-être, de l’élection prochaine, Atiku Abubakar a été désigné candidat début octobre à Port Harbour, par les quelques 3 600 délégués du principal parti d’opposition, le People’s Democratic party. Âgé de 71 ans, l’homme d’affaire a fait carrière et fortune, aux douanes nigérianes, mais il est également un politique aguerri. Il fut notamment le vice-président du chef de l’État Olusegun Obasanjo. 

 

Il affrontera le président sortant, Muhammadu Buhari. Pour désigner son candidat, le parti au pouvoir a fait voter l’ensemble de ses adhérents. 14,8 millions de personnes auraient ainsi officiellement donné leur voix au militaire. Un score important, invérifiable, et qui serait légèrement inférieur à celui de 2015 (15 millions et demi de voix).

Il faut dire que Muhammadu Buhari n’a pas tenu promesse. Dans le nord du pays, les combattants de Boko Aram sont affaiblis, mais le groupe islamique armé n’a pas été «techniquement défait».

En 2017, la croissance est repartie à la hausse avec 0,8%, mais lors de son mandat, le Nigeria, tributaire des revenus pétroliers, s’est enfoncé dans la récession. Il n’aura pas entrepris les grandes réformes économiques et sociales dont le pays a besoin. Enfin, le héraut de la lutte contre la corruption n’a pas su faire le ménage au sein de ses propres troupes, affirme Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Politologue spécialiste du Nigeria et directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), il revient sur le bilan du premier mandat de Muhammadu Buhari.

Entretien avec Marc-Antoine Pérouse de Montclos, spécialiste du Nigeria

 

18 novembre 2018, 17:33