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Manifestations des Ingouches du Caucase russe contre un accord de redéfinition des frontières signé avec la Tchétchénie voisine, le 7 octobre 2018. Manifestations des Ingouches du Caucase russe contre un accord de redéfinition des frontières signé avec la Tchétchénie voisine, le 7 octobre 2018.  (AFP or licensors)

Tchétchénie: où en sont les droits de l’Homme?

En décidant de remettre son prix Vlaclav Havel au militant des droits de l’Homme Oïoub Titiev, le Conseil de de l’Europe met en lumière la politique menée par le gouvernement tchétchène depuis plus d’une dizaine d’années.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Le 8 octobre dernier, le Conseil de l’Europe remettait le prix Vaclav Havel, qui récompense des actions exceptionnelles de la société civile dans la défense des droits de l’Homme, à Oïoub Titiev. Ce Russe de Tchétchénie est le directeur de l’antenne de l’ONG russe Memorial à Grozny. Incarcéré depuis janvier 2018 pour possession de stupéfiants, il enquêtait avant son arrestation sur les violations des droits de l’Homme dans la république du Caucase. 

 

Malgré la fin de la guerre et le retour officiel à la paix en 2000, ce territoire russe n’est pas tout à fait apaisé. Régulièrement des postes de police sont attaqués par différents groupes armés qui ont pris le maquis dans la montagne. Jusqu’à la fin de second guerre de Tchétchénie, en 2000, les mouvements armés étaient en majorité nationalistes et laïques. Depuis, les islamistes se sont implantés et ont pris le dessus.

La présence islamiste utilisée comme justification de la répression

Cette présence islamiste justifie depuis le début des années 2000 une politique ferme de la part des autorités locales, directement sous le contrôle de Moscou. Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie depuis 2007, tient tous les leviers du pouvoir. Il concentre l’essentiel des critiques des ONG, et notamment de Memorial, dont le sérieux est reconnu en Russie et à l’étranger.

Sa politique répressive envers toute forme de critique vise aussi bien d’éventuels opposants politiques, que les journalistes indépendants ou les militants des droits de l’Homme. Depuis une dizaine d’années, il n’a pas changé de ligne sur cette question, comme nous le confirme la chercheuse Aude Merlin de l’Université Libre de Bruxelles.

Entretien avec Aude Merlin, de l’Université Libre de Bruxelles
17 octobre 2018, 08:36