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Dimanche 7 octobre, quelque 6,5 millions de Camerounais sont appelés aux urnes. Dimanche 7 octobre, quelque 6,5 millions de Camerounais sont appelés aux urnes.  (AFP or licensors)

«Il est utopique d’envisager des élections transparentes au Cameroun», dénonce Crisis Group

Après 35 ans de pouvoir sans partage, le président camerounais Paul Biya est candidat à un 7ème mandat lors d’une présidentielle à un tour qui a lieu dimanche 7 octobre. Les observateurs dénoncent déjà une élection non démocratique.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican

Il fait la pluie et le beau temps depuis 1982 au Cameroun. Paul Biya remet aujourd’hui son poste de président dans les mains des Camerounais qui sont invités à se rendre aux urnes ce dimanche 7 octobre. L’issue de cette élection ne laisse que très peu de doute, le système électoral est «structurellement à l’avantage du président candidat Paul Biya», explique Hans De Marie, politologue et spécialiste du Cameroun pour l’ONG Crisis Group. Du découpage administratif du pays au bulletin unique en passant par une élection à tour unique, c’est l’appareil entier de l’administration camerounaise qui est au service du chef d’Etat le plus âgé d’Afrique, détaille Hans De Marie.

Des élections non transparentes

Près de 6,5 millions d’électeurs sont attendus aux urnes, et les observateurs redoutent déjà des cas de bourrages d’urnes. Maurice Kamto, un des principaux candidats d’opposition dénonce une «fraude massive», «organisée avec la caution d’Elecam», l’organe chargé d’organiser le scrutin. «Nous n’accepterons aucun résultat si ce type de fraude continue», a déjà prévenu le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto., qui parle de falsifications de cartes d’électeurs. «Il est utopique d’envisager des élections transparentes au Cameroun», abonde le spécialiste Hans de Marie.

L’enjeu sécuritaire

Longtemps, Paul Biya a utilisé la paix dans son pays comme argument électoral et peut se vanter d’avoir réduit la force de frappe de Boko Haram. Pour autant, la secte islamiste reste présente dans l’extrême nord du Cameroun, région la plus peuplée, et le nord ouest et sud ouest du pays traversent depuis 2016 une crise politique. Des sécessionnistes anglophones veulent créer un état indépendant, la République d’Ambazonie. 200 000 camerounais ont dû fuir leur foyer pour rejoindre une autre région des pays, à la suite des violences.

Par ailleurs, explique Hans De Marie, le futur président est maintenant confronté à de nouveaux défis tels que la réintégration des anciens combattants de Boko Haram et l’amélioration de l’aide humanitaire aux 230 000 déplacés dans l’extrême nord.

Conditions de vote, enjeux sécuritaire et économique, retrouvez en podcast l’analyse de Hans De Marie, politologue et spécialiste du Cameroun pour l’ONG Crisis Group.

Entretien avec Hans de Marie
06 octobre 2018, 11:16