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Église Notre-Dame de la Charité, La Havane, Cuba Église Notre-Dame de la Charité, La Havane, Cuba 

Cuba : les évêques s'expriment sur la prochaine Constitution

Les autorités cubaines ont lancée cet été une vaste consultation pour présenter le projet de nouvelle constitution. Approuvé par le parlement en juillet dernier, le nouveau texte doit être soumis à référendum en novembre. En attendant, les Cubains en débattent partout, au travail, dans les quartiers ou dans les écoles. Les évêques ont décidé d’apporter leur contribution.

Xavier Sartre - Cité du Vatican

Une invitation à «une participation consciente et responsable» : les évêques cubains appellent tout d’abord leurs concitoyens à voter, soulignant l’importance d’un texte aussi fondamental qu’une constitution. Ils réclament pour cela la création d’un tribunal des garanties constitutionnelles afin de sauvegarder les droits qu’elle-même ratifie.

C’est pourquoi ils saluent le projet, dans la mesure où il prend en compte le «respect et l’application des droits de l’Homme reconnus par divers traités internationaux signés par Cuba», dont la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948. Ils regrettent en revanche l’absence du droit à la pluralité d’opinion politique. Ils aimeraient aussi que le droit à la vie s’entend bien de la conception à la mort naturelle et qu’il exclut la peine de mort. L’épiscopat aimerait davantage d’éclaircissement sur le droit à l’objection de conscience. 

Autre point qui pose problème pour les évêques : la création de trois catégories comme sujets de droit : le genre, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, qui «viennent d’une évidente influence de la dite “idéologie du genre”» selon eux. Elles ne sont pas nécessaires, la catégorie «sexe» suffirait largement précisent-ils.

Reconnaissance juridique de l’Église réclamée

Concernant la liberté religieuse, les évêques cubains rappellent qu’il ne s’agit pas seulement de la liberté d’avoir des croyances religieuses mais de «la liberté, pour chaque personne, de vivre conformément aux valeurs de la foi qu’elle professe, de les exprimer publiquement, en ayant pour limite, la liberté d’autrui».

Ils demandent ainsi la reconnaissance juridique de l’Église catholique, de son identité et de sa mission propres, ce qui inclue, précisent-ils «la possibilité de faire connaitre son enseignement moral en accord avec l’Évangile, d’accéder de manière systématique aux moyens de communication, la liberté d’enseignement et d’évangélisation, de construire et d’acquérir et de posséder des biens en adéquation avec son activité et la liberté d’association à des fins autres que strictement religieuses, comme l’éducation, la culture, la santé et la charité».

Propriété privée et bien commun

En matière d’éducation, ils dénoncent la volonté de monopole de l’État, estimant que la famille doit jouer un rôle central en la matière. Ils critiquent également la définition du mariage qui parlent de «l’union de deux personnes», et non d’une femme et d’un homme. «Distinction ne signifie pas discrimination» affirment-ils.

Si les évêques saluent dans le projet constitutionnel le souci pour les droits de la famille, ils rappellent la nécessité que «chaque citoyen ait un salaire qui satisfasse réellement ses besoins» et que les prestations sociales soient garanties. Dans l’optique du bien commun, l’épiscopat se félicite que le texte reconnaisse la propriété privée, dans la mesure où, selon la Doctrine sociale de l’Église, sa fonction sociale est de parvenir au développement intégral de la personne, de la famille et du bien commun.

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30 octobre 2018, 12:59