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le président érythréen, le roi saoudien et le Premier ministre éthiopien après la signature de l'accord de paix le président érythréen, le roi saoudien et le Premier ministre éthiopien après la signature de l'accord de paix  (ANSA)

Ethiopie-Erythrée : la paix après vingt ans de guerre

La guerre entre l’Ethiopie et l’Erythrée est enterrée. Vingt ans après un conflit qui a fait plus de 70 000 morts, les deux pays ennemis ont signé un accord de paix le 16 septembre dernier en Arabie saoudite. Néanmoins, le chemin vers la réconciliation reste encore long.

Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

Encore en guerre il y a quelques mois, l'Erythrée et l'Ethiopie ont effectué un revirement spectaculaire. Ils ont mis de côté les anciennes querelles territoriales pour regarder vers l’avenir. En juillet dernier à Asmara, la paix est annoncée par le nouveau Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président érythréen Isaias Afeworki, installé au pouvoir depuis 25 ans.

Les pas en vue d’une réconciliation se multiplient : leurs ambassades respectives ont rouvert, une liaison aérienne a été rétablie. Dans un climat de fête, malgré les tenues militaires endossées par les deux dirigeants, des familles séparées par la guerre se retrouvent lors d’une cérémonie officielle à deux postes-frontières, le jour du nouvel an orthodoxe. 

Après les gestes, l’accord

Les deux hommes se retrouvent enfin mi-septembre. Noir sur blanc, ils s’engagent par écrit. Addis Abeba et Asmara déclarent la fin la guerre. L’Ethiopie reconnaît la souveraineté de l’Erythrée sur la ville de Badme, un litige qui fut à l’origine de deux années de guerre entre 1998 et 2000 et de vingt ans d’hostilité. Les deux pays coopéreront au niveau politique, sécuritaire ou commerciale. Des «zones économiques spéciales» seront mises en place, alors que l’Ethiopie rêve de s’émanciper de Djibouti pour exporter ses produits depuis l’Erythrée. L’accord de paix est signé le 16 septembre dernier, à Jeddah en Arabie saoudite.

Sonia de Gouriellec, maître de conférence à l’université catholique de Lille revient sur le rôle de Ryad, mais également d’Abou Dabi dans la résolution de cette crise.

Écoutez l'interview de Sonia de Gouriellec
02 octobre 2018, 09:44